Boudon

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  • Publié le : 22 mars 2011
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On peut résumer la démarche sociologique par la maxime de Spinoza : « Ne pas rire, ne pas déplorer, ne pas détester mais comprendre ». La rupture épistémologique de Bachelard c’est oublier ce que l’on sait.

Introduction :
L’héritage d’un débat, holisme et individualisme en sociologie

Les membres d’une communauté scientifique ont toujours en commun un certain nombre d’idées relatives à lanature des phénomènes dont ils s’occupent, ainsi qu’à la méthode qu’ils doivent suivre pour les observer et les expliquer. Ils partagent ce que l’on appelle un paradigme ou un programme scientifique. Les disciplines scientifiques voient se confronter plusieurs paradigmes.
En sociologie, il y a deux grands paradigmes concurrents ou deux grandes écoles : l’une de tradition française dont le chef defile est Émile Durkheim (1858-1917), l’autre de tradition allemande dont le chef de file est Max Weber (1864-1920). En effet, si les sociologues s’accordent à penser qu’un phénomène social est toujours engendré par une plus ou moins grande multitude de comportements individuels, ils n’ont pas tous le même avis sur la place des individus qui font exister ce phénomène par leur action. Ils nes'accordent pas sur le statut de l'individu dans l'explication sociologique .
Il y a, d’un côté, des sociologues qui pensent que pour expliquer un phénomène social( les émeutes , la violence urbaine , les suicides au travail...), on peut et on doit faire abstraction des actions individuelles (holistes, Durkheim). De l’autre côté, il y a des sociologues qui pensent que le point de vue des précédentsengage la sociologie dans une impasse qu'il nomme le sociologisme(individualisme).Sociologisme= la société s'explique par elle même.
Durkheim a permis à la sociologie d'être reconnu comme une matière à part entière .Les premiers (holistes) estiment que les actions individuelles n’ont aucun intérêt sociologique parce que les phénomènes sociaux sont des réalités indépendantes de la conscience et de lavolonté de chaque individu. L’individu ne permet pas d’expliquer le phénomène social pour Durkheim. L’explication sociologique de ces réalités sociales ne peut être trouvée que dans les causes extérieures aux consciences individuelles. Il définit le fait social par une double définition la contrainte , l'extériorité .Ces causes sont des manières d’être, de penser, de faire qui sont imposées auxindividus par la constitution morale et juridique mais aussi économique et politique du groupe ou, plus généralement, de l’ensemble social dont les individus sont membres. Dans cette perspective, il n’est pas nécessaire de s’interroger sur les raisons, les motifs, en un mot, sur la logique des individus qui adoptent tel ou tel comportement puisqu’il est entendu que ce comportement est l’effet d’undéterminisme social ou d’une causalité. On peut appeler cette manière de qualifier l’explication sociologique de paradigme durkheimien parce que c’est à Durkheim et à son ouvrage Les règles de la méthode sociologique, publié en 1895 que ce paradigme doit sa définition et son exposition les plus connues. Cette méthodologie découle d’une conviction d’ordre épistémologique selon laquellel’explication scientifique consiste à établir qu’un phénomène social est toujours le produit d’un phénomène social antérieur, antécédent (traiter le social par le social).
La sociologie de la 2nde catégorie s’appuie, au contraire, sur un paradigme qui fait une grande place à la notion d’acteur social. De leur point de vue, tout phénomène social résulte de la composition ou de l’agrégation d’une multituded’actions individuelles. D’une part, les sociologues de l’action disent que les systèmes sociaux et les institutions sont certainement contraignants mais ils n’ont pas en eux-même le pouvoir de causer les actions sociales des individus. D’autre part, ils ajoutent que ces actions ne seraient pas des actions humaines si elles ne devaient rien à la raison de leurs auteurs, c’est-à-dire aux divers...
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