Boule de suif

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  • Publié le : 17 avril 2011
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Introduction :

Le roman de Nana, publié en 1880, est le neuvième tome de la vaste fresque Les Rougon-Macquart, écrit entre 1871 et 1893, et qui poursuit d'une certaine manière le projet de la Comédie Humaine de Balzac, en s'efforçant de reconstituer la société du Second Empire (1851-1870).

Nana, retrace l’histoire de l’ascension sociale d’Anna Coupeau dans sa carrière de courtisane.Ainsi le roman va accompagner le personnage éponyme, de son premier triomphe théâtral qui ouvre le premier chapitre, jusqu’à sa conquête triomphale de la société par son commerce avec ses amants. Le chapitre que nous étudierons ici est le dénouement final, lorsque Nana meurt dans une chambre du Grand-Hôtel, alors que la guerre de la France contre la Prusse de Bismarck vient d’être déclarée.La structure du texte se compose en trois parties:
- L’utilisation du discours indirect libre crée la rumeur (effet d’attente du personnage éponyme).
- L’utilisation du dialogue crée la dimension burlesque et réaliste avec la dispute des prostituées (l’histoire est vue à travers le point de focalisation de personnagescarnavalesques).
- La description de Nana crée sa dimension mythique (le développement insiste particulièrement sur la décomposition de la figure de Nana) et épique (sa mort coïncide avec l’entrée en guerre de la France contre la Prusse).

Nous nous efforcerons d’organiser le commentaire selon les lignes de force les plus marquantes de ce chapitre.

I.Première ligne de force : une scène dramatique

-l’effet d’attente : la vision du cadavre de Nana est retardée par les conversations superficielles de ses compagnes avant de surgir brusquement. Il y a toute une théâtralisation avec l'ouverture des rideaux et l'utilisation de la lumière ; coup de théâtre souligné par l'adverbe « brusquement » et l'emploi de passés simples: « Elle tira un rideaudevant la fenêtre...Une lumière vive éclaira brusquement le visage de la morte. Ce fut une horreur. ». Les bruits qui arrivent en écho de la rue « A Berlin! » contribuent eux aussi à l'esthétisation de la scène, ainsi que la mention du rideau qui se « gonfle ». Le « rire » de Nana possède lui aussi un caractère théâtral: « elle tirait dans un rire abominable. »

- les jeux d'ombres et delumière: Zola a particulièrement travaillé la scène de façon très visuelle, à la façon d'un peintre, en insistant sur l'éclairage et en employant le champ lexical de la lumière: « elle songea que cette lampe n’était pas convenable, il fallait un cierge; et, après avoir allumé l’un des flambeaux de cuivre de la cheminée, elle le posa sur la table de nuit...Une lumière vive éclaira brusquement le visage dela morte dans la clarté de la bougie....les cheveux, les beaux cheveux, gardant leur flambée de soleil, coulaient en un ruissellement d’or.... »

II. Deuxième ligne de force : une vision nouvelle du peuple :

Zola réunit les images burlesques et carnavalesques de l’héritage rabelaisien et moliéresque, et la prise au sérieux de la condition populaire, qui s’est imposé au cours du XIXsiècle.

* Dans sa dimension réaliste, le système des personnages est rigoureusement constitué. Si on peut reconnaître en eux des types professionnels et sociaux conformément à l'esthétique naturaliste ( Zola les emprunte au genre feuilletonnesque :« Quant à moi, je déclare (…) que mes personnages sont des types. »), chacun exerce aussi une fonction dans un jeu proprement dramatique.
Tout d’abordcomme l’a montré Philippe Hamon, chaque personnage peut prêter au narrateur, soit son regard, soit son écoute, pour que la représentation du réel passe par son relais et apparaisse même comme plus authentique et mieux insérée dans la fiction :

* L'utilisation du discours direct permet à Zola de « faire entendre » de façon immédiate les personnages par le lecteur et d'imiter les...
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