Boule de suif

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  • Publié le : 26 avril 2010
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Molière - Le Misanthrope - Le jeu du portrait Merci à Rayane pour m'avoir envoyé sa fiche.
Introduction
Le Misanthrope est une comédie de caractère écrite par Molière en 1666. Alceste, le personnage principal, hait la société. Il est cependant contraint à la fréquenter, car il doit régler deux affaires : assister à son procès et demander à Célimène de vivre avec lui. Dans la scène 4 de l’acteII, il se retrouve piégé dans le salon bourgeois de Célimène. Celle-ci se livre, avec ses invités, au jeu du portrait. Cette scène constitue donc une parodie littéraire. Nous analyserons ce passage en deux axes : l’art du portrait et la critique sociale.
I - L’art du portrait
Dans cette scène où les invités s’amusent à dépeindre d’autres personnes, on distingue deux animateurs :
Clitandre etAcaste. Leur rôle consiste à présenter celui dont on doit faire le portrait. Tous deux commencent par un portrait de quatre vers. Puis Célimène prend la suite, puis elle devient progressivement la seule.
Au fil de la conversation, les portraits sont plus longs. Ceci crée un effet de crescendo, qui culmine avec le portrait de Damis. Or, ce dernier portrait est la version masculine de Célimène. Encritiquant Damis, elle se critique et ne s’en rend pas compte.
Au départ, Clitandre et Acaste se posent en victime des défauts des autres. Clitandre se plaint d’avoir eu à supporter le ridicule de Cléonte. Quant à Acaste : « Damon, le raisonneur, qui m’a, ne vous déplaise Une heure, au grand soleil, tenu hors de ma chaise. » Ces paroles leur permettent de justifier leur mépris et leur médisance.Cependant, ce procédé s’effondre à la fin : Célimène dit de Damis : « Il est de mes amis » Mais elle poursuit par une longue critique. La médisance n’est donc plus du tout justifiée.
Eliante est en désaccord avec ce jeu de portrait. « Ce début n’est pas mal ; et contre le prochain La conversation prend un assez bon train. » Philinte représente l’honnête homme. C’est donc en toute logique qu’ilpousse Célimène à faire son propre portrait sans qu’elle s’en aperçoive, et donc à se critiquer elle-même.
Pour dépeindre les autres, les personnages emploient beaucoup d’hyperboles : « de la tête au pied » (vers 586) « il assomme le monde » (vers 590) « je souffre le martyre » (vers 605).
Tous ces portraits sont monographiques : ils représentent un type humain. Cléonte : l’original, l’extravagantDamon : le raisonneur, celui qui parle pour ne rien dire Timante : le mystérieux, qui croit faire des révélations Géralde : le snob Bélise : la sotte qui n’a aucune conversation Adraste : l’orgueilleux, celui qui est imbu de lui-même Cléon : le gastronome, qui se fait valoir par la nourriture Damis : l’homme d’esprit, qui se croit supérieur et critique tout le monde
On peut les comparer auxportraits que fait La Bruyère dans Les Caractères. A la différence de ceux-ci, les portraits de cette scène ont un aspect comique, puisque ce sont des personnages qui en jugent d’autres. Il s’agit d’un comique de situation. De plus, tous ces portraits soulignent les relations
sociales de ces personnages, ils sont dépeints par rapport à la société. Or, tous ces portraits sont faits devant Alceste, lemisanthrope, et ne font que renforcer son sentiment de haine.
Pour finir, on remarque qu’il y a beaucoup plus de portraits d’hommes que de femmes. Ce choix révèle que ce sont les hommes qui donnent de l’importance à la société mondaine. L’auteur fait ici la caricature de cette mentalité.

II - La critique sociale
A travers ces portraits, on peut percevoir ce qui est important dans cettesociété: le lever du Roi : quand on y participe, soit on se fait remarquer (Cléonte) soit on en parle (Clitandre). un train de vie luxueux : Acaste parle d’une chaise à porteur, ce qui est cher et nécessite d’avoir au moins deux laquais. De même, Cléon se fait valoir par son cuisinier, ce qui sous-entend qu’il a les moyens de l’entretenir. le titre de noblesse et ses privilèges : la chasse à cour et le...
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