Bourdieu

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1) L’école, principale instances de reproduction culturelle

Les héritiers : les étudiants et la culture. 1964

Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron se sont appuyés sur une enquête quantitative (notamment des étudiants de milieux littéraires) qui aboutit à un constat d’une grande inégalité d’accès à l’éducation. Par exemple, alors qu’à l’époque les ouvriers représentaient 35%de la population active, seulement 10% des étudiants étaient issus de la classe sociale ouvrière.

Comme expliquer cette inégalité ?

D’abord par le rapport que les étudiants entretiennent à l’institut universitaire en fonction de leur origine sociale. Mais aussi en fonction de la plus ou moins grande propension de l’université à reconnaitre et à valoriser les ressources possédéespar les étudiants. Ceux d’origine aisée possèdent par exemple une aisance relationnelle, une aptitude à s’exprimer, plus généralement une assurance sociale ainsi qu’un sens de l’organisation et une meilleure maitrise du rapport à la culture légitime qui favorise considérablement l’université. La culture favorisée par l’université leur est familière car c’est tout simplement celle de leur milieusocial. Les étudiants issus des classes moyennes et contrastés ont un comportement plus contrasté. Les moins pourvus en ressources (culturelles) sont les moins en phase avec l’institution universitaire. Ils sont déroutés par la relative abstraction et le théoricisme des études. Peu à l’aise avec la culture légitime, ils lisent moins, fréquentent moins les bibliothèques et ne possèdent pas cetteassurance teintée de distance qui favorise leur épanouissement dans le système universitaire. Ayant moins que les autres intériorisés les normes comportementales requises par l’école (obéissance, respect, sérieux…), ils apparaissent comme désinvoltes et sont exposés aux jugements et aux sanctions plus sévères des enseignants. Les étudiants des classes moyennes occupent une position d’entre-deux. Sid’un coté, ils font preuves d’une relative docilité et d’un grand sérieux, ils apparaissent à l’inverse plus besogneux et moins brillant. Les enseignants valorisent en effet l’idéologie du don et contrairement à ce qu’ils disent sanctionnent autant le mérite que le talent socialement hérité.

La culture universitaire est donc une ressource à conquérir pour les uns, et un héritage à fairefructifier pour els autres.

Réussir à l’école, c’est ainsi moins acquérir une culture savante, apparemment neutre, qu’être capable de prouver que l’on est bien intégré dans la société, et que l’on y est à l’aise. On le voit très bien dans les ambitions qu’affichent les enfants selon leurs origines sociales. Les enfants d’ouvriers ou d’employés tendent à ajuster leurs aspirationsprofessionnelles à leurs chances objectives d’accès à telle ou telle activité professionnelle. Les enfants des classes supérieures s’autorisent à des ambitions quasi-illimitées. Ce faisant, les uns et les autres obéissent inconsciemment aux besoins de la reproduction du système social.

1) Ecole et violence symbolique

Passeron et Bourdieu en 1970 dans La reproduction : éléments pour unethéorie du système d’enseignement.

Bourdieu et Passeron montrent que l’imposition des critères d’excellences scolaires se fait au moyen d’artifices qui occultent les rapports de classes et de domination. Cette notion de violence symbolique est empruntée à Max Weber. Weber a en effet définit l’état comme institution qui possède le monopole de la violence physique légitime. Bourdieu a toutsimplement transposé le pouvoir de coercition physique de l’armée au pouvoir de coercition symbolique des autres institutions notamment étatiques de la société. C’est la violence symbolique qui entretient la légitimité de l’institution scolaire.

Légitimité n’est pas pour autant pouvoir, c’est-à-dire l’exercice d’une coercition unilatérale sur autrui. Cette notion de légitimité au...
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