Bovarysme

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  • Publié le : 10 avril 2010
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Extrait n°1 :

Madame Bovary avait ouvert sa fenêtre sur le jardin, et elle regardait les nuages. Ils s'amoncelaient au couchant, du côté de Rouen, et roulaient vite leur volutes noires, d'oùdépassaient par derrière les grandes lignes du soleil, comme les flèches d'or d'un trophée suspendu, tandis que le reste du ciel vide avait la blancheur d'une porcelaine. Mais une rafale de vent fitse courber les peupliers, et tout à coup la pluie tomba; elle crépitait sur les feuilles vertes. Puis le soleil reparut, les poules chantèrent, des moineaux battaient des ailes dans les buissonshumides, et les flaques d'eau sur le sable emportaient en s'écoulant les fleurs roses d'un acacia .

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Extrait n°2 :

Enfin, les maisons de briques se rapprochaient, la terre résonnaitsous les roues, l'hirondelle glissait entre des jardins, où l'on apercevait par une clairevoie des statues, un vignot, des ifs taillés et une escarpolette. Puis, d'un seul coup d'œil, la ville (deRouen) apparaissait. Descendant tout en amphithéâtre et noyée dans le brouillard, elle s'élargissait au-delà des ponts, confusément. La pleine campagne remontait ensuite d'un mouvement monotone, jusqu'àtoucher au loin la base indécise du ciel pâle. Ainsi vu d'en haut, le paysage tout entier avait l'air immobile comme une peinture; les navires à l'ancre se tassaient dans un coin: le fleuvearrondissait sa courbe au pied des collines vertes, et les îles, de forme oblongue, semblaient sur l'eau de grands poissons noirs arrêtés. Les cheminées des usines poussaient d'immenses panaches bruns quis'envolaient par le bout. On entendait le ronflement des fonderies avec le carillon clair des églises qui se dressaient dans la brume. Les arbres des boulevards, sans feuilles, faisaient desbroussailles violettes, au milieu des maisons, et les toits, tout reluisants de pluie, miroitaient inégalement, selon la hauteur des quartiers . Parfois un coup de vent emportait les nuages vers la côte...
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