Britannicus

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Séquence 2 : Lecteur analytique de Racine : Britannicus

Texte :

Jean Racine, Britannicus (1669)

BRITANNICUS. - Néron nous écoutait, Madame ; Mais, hélas !
Vos yeux auraient pu feindre, et ne m'abuser pas,
Ils pouvaient me nommer l'auteur de cet outrage.
L'amour est-il muet, ou n'a-t-il qu'un langage ?
De quel trouble un regard pouvait me préserver !
II fallait...
JUNIE. - IIfallait me taire et vous sauver.
Combien de fois, hélas ! puisqu'il faut vous le dire,
Mon cœur de son désordre allait-il vous instruire !
De combien de soupirs interrompant le cours
Ai-je évité vos yeux que Je cherchais toujours !
Que! tourment de se taire en voyant ce qu'on aime,
De l'entendre gémir, de l'affliger soi-même,
Lorsque par un regard on peut le consoler !
Mais quels pleurs ceregard aurait-il fait couler !
Ah ! dans ce souvenir, inquiète, troublée,
Je ne me sentais pas assez dissimulée.
De mon front effrayé je craignais la pâleur ;
Je trouvais mes regards trop pleins de ma douleur.
Sans cesse il me semblait que Néron en colère
Me venait reprocher trop de soin de vous plaire ;
Je craignais mon amour vainement renfermé ;
Enfin j'aurais voulu n'avoir jamais aimé.Hélas ; pour son bonheur, Seigneur, et pour le nôtre,
II n'est que trop instruit de mon cœur et du vôtre !
Allez, encore un coup, cachez-vous à ses yeux ;
Mon cœur plus à loisir vous éclaircira mieux.
De mille autres secrets j'aurais compte à vous rendre.
BRITANNICUS. -Ah ! n'en voilà que trop ! C'est trop me faire entendre.
Madame, mon bonheur, mon crime, vos bontés !
Et savez-vous pour moitout ce que vous quittez ?
(Se jetant aux pieds de Junie.)
Quand pourrais-je à vos pieds expier ce reproche ?
JUNIE. - Que faites-vous ? Hélas ! votre rival s'approche.

Acte III, scène 7 (extrait : vers 993-1024)

Auteur :
Racine, Jean (1639-1699), dramaturge français, historiographe de Louis XIV, qui fut le représentant le plus emblématique de la tragédie classique française.
Orphelin àl’âge de trois ans, il fut recueilli par sa grand-mère. Il étudia le grec (au lieu du latin comme dans beaucoup d’école de l’époque) et le français au couvent de Port-Royal. Racine garda de cet enseignement une solide culture classique, et en particulier une bonne connaissance des tragiques grecs (Eschyle, Sophocle, et surtout Euripide), qui furent pour son théâtre des modèles et des sourcesd’inspiration. Il revint alors à Paris pour se consacrer à la littérature. Après avoir écrit une Ode sur la convalescence du roi (1663) afin de s’attirer les faveurs du monarque, il fit représenter au Palais-Royal par la troupe de Molière sa première tragédie, la Thébaïde ou les Frères ennemis (1664), et l’année suivante, Alexandre le Grand, qui lui apporta le succès. Cependant, mécontent de la mise en scènede cette dernière pièce, il la retira à Molière pour la confier à une troupe rivale, celle de l’hôtel de Bourgogne, qui devait ensuite jouer toutes ses grandes tragédies. La vision du monde qui se dégage de ses pièces porte la marque de l’enseignement janséniste, et de sa conception pessimiste de l’Homme, soumis à la grâce divine et prisonnier d’un destin qui le dépasse. Il écrivit par la suitedes pièces à succès comme Andromaque, en 1667, avec lequel il fut élu à l’Académie française en 1673, Britannicus (1669), Bérénice (1670). Mais, à l’automne 1677, la carrière de Racine prit un tournant radical : sa dernière pièce, Phèdre, malgré son succès immense, fut attaquée violemment par ses ennemis qui dénoncèrent le caractère scandaleux de son intrigue. Racine décida alors d’abandonner lascène.

Œuvre :
Britannicus a un contexte historique, c’est la première tragédie de Racine inspiré de l’histoire romaine. Néron a pris le pouvoir à la place de Britannicus à cause de Agrippine sa mère. Cette pièce met en scène une rivalité politique et amoureuse. En octobre 54 après J.-C., Néron, fils de d’Agrippine succède à l’âge de 17ans à l’empereur Claude. Britannicus, fils de Claude...
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