Bruno latour pasteur : guerre et paix des microbes

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  • Publié le : 24 avril 2011
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Bruno Latour
Pasteur : Guerre et paix des microbes

1- Biographie de l’auteur

Bruno Latour est né en 1947 à Beaune en Côte d’Or. Il est agrégé de philosophie et
s’est formé à l’anthropologie en Cote d’Ivoire. Il a été professeur dans de grandes écoles d’ingénieur (Les mines de Paris…) et est aujourd’hui directeur adjoint de Sciences Po à Paris.


2- Fiche de lecture

Dansce livre, Bruno Latour revisite méthodiquement l’histoire pastorienne ainsi que les fondements de la microbiologie actuelle. Cette exploration philosophico-scientifique eut pour matériel d’étude un ensemble de revues spécialisées qu’il a entreprit d’analyser : La Revue scientifique, les Annales de l’institut Pasteur et dans une moindre mesure, Le concours médical. L’étude de B. Latour suit un ordrechronologique puisqu’en épluchant scrupuleusement toutes les revues, il retrace l’évolution des mœurs, de la pensée et du comportement de la société française contemporaine à Pasteur.

L’histoire raconte volontiers que la France et même l’Europe à changé ses conditions d’existence et son mode de vie à la fin du 19ème siècle grâce aux découvertes de Pasteur : mais un seul homme est-ilresponsable d’un tel bouleversement ? Doit-on lui attribuer toutes les évolutions scientifiques, médicales et même sociales de cette époque ? Ce sont les questions auxquelles B. Latour tentent d’apporter des réponses par un raisonnement clair et rigoureux.

Dans une première partie, B. Latour va s’efforcer à travers des faits précis d’expliquer le succès de Pasteur et plus généralement du pastorisme. Apartir des années 1850, la situation urbaine est devenue catastrophique et il était impensable de continuer à vivre dans des villes sales, lugubres et rongées par la maladie. Les hygiénistes se sont emparés du problème en tentant de trouver quelques solutions salvatrices. Selon eux, tout peut causer la maladie il est donc nécessaire de se pencher sur tout et partout, mais agir partout c’est agirnulle part. Les articles d’hygiène sont donc pris à la légère par une population éprise d’un sentiment de découragement et tout ce galimatias qui n’a convaincu personne est le symbole de l’impuissance des hygiénistes. Jusqu’en 1880, Pasteur n’est mentionné dans aucune des revues scientifiques et lorsque paraissent les premiers articles sur la vaccination des moutons à Pouilly le Fort, leshygiénistes s’emparent immédiatement des résultats pour les généraliser à toutes les maladies. La découverte du microbe responsable de la « spontanéité morbide » ainsi que des points de passages obligés (P.P.O) ont éclairci de nombreuses questions restées sans réponse. Pasteur a appliqué des méthodes enfin scientifiques dans un domaine laissé trop longtemps à « des gens tâtonnants ». Les hygiénistes seservent des expériences de Pasteur pour justifier leurs thèses (ou plutôt leurs hypothèses) jusqu’ici sans réelle preuve et ainsi gagner du crédit auprès de l’opinion publique. Quant à lui, Pasteur profite d’un changement de mœurs initié depuis des années par les hygiénistes pour rendre ses travaux nécessaires et indiscutables et ainsi être accueilli à bras ouvert non seulement par la communautéscientifique mais aussi par les politiques qui voient à travers ses expérimentations une solution à de nombreux maux de la société actuelle. Le succès qui s’en suit est rapide. Pourtant, l’efficacité des traitements n’est pas démontrée et il n’existe à l’époque aucune preuve probante de la qualité des soins. Tout le monde a une confiance aveugle en Pasteur et personne ne remet en question ses travauxexcepté deux contradicteurs. Selon Peter, il n’est pas rigoureux de se saisir d’une expérience scientifique pour la rendre « miraculeuse et divine » et pour l’étendre sans preuve à toutes les maladies. Ceci est complété par Koch qui affirme qu’il est formellement impossible de généraliser ce procédé d’un animal à un autre et encore moins d’un animal à un homme. Il existe donc une disproportion...
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