Bruxelles 1940-1944

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  • Publié le : 30 juin 2011
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Bruxelles, ville en guerre

La capitale de la Belgique est une métropole complexe composée de communes très attachées à leur autonomie. En principe, elles sont au nombre de 16 mais durant l’occupation, c’est un Bruxelles composé de 19 communes qui est pris en compte. A la veille de la Seconde Guerre, la capitale compte près de 900.000 habitants, soit 15 % de la population totale de la Belgique.Sur le plan politique, une majorité de ces communes est dirigée par un bourgmestre libéral, même si progressivement la domination des libéraux s’érode et que les socialistes prennent progressivement pied dans les collèges bruxellois. Une première commune – Anderlecht – est aux mains d’une majorité absolue socialiste à partir de 1938.
Sur le plan linguistique, depuis la création de la Belgique,Bruxelles a connu un processus de francisation marqué et même si la législation linguistique impose le bilinguisme aux communes bruxelloises, dans les faits, le français domine largement. Centre administratif et politique, la capitale est également un lieu de pouvoir économique et diverses industries sont installées dans certaines communes bruxelloises, même si c’est avant tout la fonctionadministrative et commerciale qui prévaut. En tant que capitale, elle attire une migration venue de Flandre et de Wallonie mais aussi une population étrangère de près de 70.000 personnes regroupées principalement dans quelques communes : Bruxelles, Anderlecht, Saint-Gilles, Schaerbeek, Saint-Josse, Forest et Ixelles. Ces étrangers sont principalement Français, Néerlandais, Polonais, Allemands, Italiens etapatrides. Avec Anvers, l’agglomération bruxelloise concentre plus de 90 % de la population juive vivant en Belgique.

Bruxelles, le 10 mai 1940.
C’est vers 5 h que l’alerte est donnée. L’Allemagne a attaqué la Belgique. Si les rumeurs de guerre étaient bel et bien présentes, l’attaque provoque néanmoins la stupeur dans la population. Bruxelles est réveillée par le bruit des sirènes et desbombes lancées sur l’aérodrome d’Evere et divers quartiers de la ville. En l’espace de quelques jours, les magasins baissent leurs volets, les rues sont désertées, les restaurants fermés. Peu à peu, la ville se vide de ses habitants ; les gares et les routes sont prises d’assaut. On emporte tout ce que l’on peut. Bientôt, le gouvernement a lui aussi quitté la capitale. Le 17 mai, les Allemands fontleur entrée à Bruxelles peu après le départ des troupes anglaises. Le lendemain, la ville est déclarée ouverte. Le soir même, le drapeau nazi flotte sur l’hôtel de ville. Quelques jours plus tard, Hitler parcourt discrètement les rues de la capitale avant de se rendre à Paris. C’est le début d’une occupation qui va durer 52 mois. Après la capitulation belge, tout au long de l’été, ceux qui ontchoisi les routes de l’exode rentrent peu à peu chez eux. Jusqu’en juillet 1944, le pays est dirigé par une administration militaire. Une Oberfeldkommandantur est installée à Bruxelles. Elle est l’antenne locale du gouvernement militaire.

En tant que capitale, Bruxelles est un lieu essentiel pour l’occupant. Il s’agit de montrer qui est le nouveau maître des lieux. Les troupes allemandes paradentdans nombre de lieux emblématiques : devant le palais royal, sur la Place royale, la Grand-Place, les boulevards du centre. L’occupant investit également le Parlement. De nombreux concerts sont organisés en plein air. Durant l’été, les soldats allemands découvrent la ville avec le regard du touriste. Ils flânent aux terrasses, parcourent les boutiques et les marchés, profitant d’un taux de changefavorable. La première impression laissée est bien différente de 1914 : les Allemands sont polis, courtois, loin de l’image des Teutons de la Première Guerre restée dans les mémoires. Ils contribuent à effacer les traces des journées de mai. Leur objectif : un retour à la normale le plus rapidement possible.

Comme il l’avait déjà fait durant la Première Guerre, l’occupant ne reconnaît qu’un...
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