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  • Publié le : 9 mars 2010
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LE TCHAD

Introduction

Le Tchad est un pays d’Afrique centrale sans accès à la mer. Il a des frontières communes avec la Libye au nord, le Niger et le Nigéria à l’ouest, le Cameroun et la République centraficaine au sud et avec le Soudan à l’est. D’une superficie de 1 284 000 km² (équivalente à deux fois celle de la France), sa population s’élève à 10 111 387 habitants. Le nord dupays est occupé par le désert du Sahara. Dans la zone centrale s’étend le désert du Sahel bordé au sud par une zone de steppe et de savane. Enfin, le tiers sud est couvert par de la savane et la forêt équatoriale du Bassin du Congo. Le relief présente peu de contrastes. L’altitude va en augmentant du nord à l’est du pays : au nord, le massif du Tibesti culmine à 3 400 m ; au centre les plateaux duGuera (1 500 m) et à l’est les plateaux de l’Ennedi et du Ouaddaï qui descendent en pente douce vers le lac Tchad. Le lac Tchad est le deuxième lac d’Afrique par sa superficie mais l’irrigation intensive a fait tomber celle-ci de 25 000 km² (1963) à 1 350 km² (2008). Le Tchad possède des ressources en uranium et en pétrole. Les gisements de pétrole ont été découverts en 1969 dans le sud à Doba (900millions de barils) et à Sédigui (150 millions de barils) près du lac Tchad. La construction en 2000 d’un oléoduc Tchad-Cameroun a permis leur exploitation par un consortium américano-malaisien (ExxonMobil, Chevron, Petronas).
La population tchadienne est répartie en quinze groupes ethniques avec un net clivage Nord/Sud. Le nord islamisé (zones désertique et sahélienne), concentre 30 % dela population avec des tribus nomades arabes (15 %), Ouaddaïen (15 %), Kanemba (8,5 %), Kreda et Gorane (4,5 %), Toubou (2,5 %), Zagahawa et Bideyat (1,5 %) ; il s’agit d’éleveurs de chameaux et de petits ruminants. Le sud du pays concentre 70 % de la population, il est peuplé d’ethnies sédentaires catholiques et animistes : les Sara (30%), Hadjaraï (8,5 %), Nagamba (5,5 %), Toubouri, Kotoko etMassa (9,5 %) ; pratiquant l’agriculture et l’élevage. Le français et l’arabe sont les deux langues officielles mais le Tchad compte plus de 120 langues nationales, ainsi une forme d’arabe, l’arabe tchadien sert de langue véhiculaire. Dès son indépendance, le Tchad connaît des tensions internes mais, depuis 2006, celles-ci se conjuguent avec des tensions régionales. En effet, le Tchad accueille 255000 réfugiés de la crise du Darfour alors que le Soudan abrite des opposants au régime d’Idriss Déby.

1. Des guerres civiles endémiques

La politique mise en place lors de l’indépendance du Tchad accentue le fossé entre le Nord et le Sud du pays. En 1960, François Tombalbaye est investi président. Il confisque progressivement les pouvoirs (parti unique, cumul des fonctions) et institueune politique d’authenticité Sara et de discrimination des musulmans, ce qui suscite des insurrections dans le Guéra en 1965 et 1968. En 1965, les rebelles musulmans se réfugient au Soudan où ils fondent en 1966 le Front de libération nationale du Tchad[1] (FROLINAT), avec pour objectif de renverser le régime sara. En 1975, F. Tombalbaye est assassiné, un autre Sara, le général Félix Malloum luisuccède au pouvoir et maintient la politique de discrimination à l’égard des musulmans. En 1977, le FROLINAT, sous la direction de Goukouni Oueddeï (Tedda), lance une offensive dans le Nord du pays. Le général Malloum entre en pourparlers avec Hissène Habré (Gorane) leader des Forces armées du Nord[2] (FAN), qui devient son 1er ministre. La situation devient rapidement instable et, dès 1979, legénéral Malloum est chassé du pouvoir par le FROLINAT. G. Oueddeï, à la tête d’un gouvernement d’union provisoire et de transition (GUNT), assume le pouvoir jusqu’en 1982 où il est renversé par H. Habré. Les partisans de G. Oueddeï, repliés dans le Nord, poursuivent la lutte contre H. Habré jusqu’en 1987 avec le soutien de la Libye. En 1989, H. Habré accuse son conseiller pour la défense, I. Déby...
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