Céline, dans son roman voyage au bout de la nuit, met en scène un double de lui-même, bardamu, afin de dénoncer les horreurs de la guerre.

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 4 (910 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 1 décembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Dans un premier temps, l'adoption du point de vue interne, (c'est-à-dire que la scène est vue d'après le personnage principal, Bardamu) permet au lecteur de se sentir proche du personnage, et doncd'adhérer plus facilement à ses opinions. En effet, nous avons accès aux pensées de Bardamu ainsi qu'à ses sentiments. Le fait d'avouer ses bassesses ( l'envie de meurtre aux lignes 68 à 70, ou bien lapeur, aux lignes 17 à 19) le rend plus humain, donc plus attachant. L'utilisation d'une langue orale (« rien à dire », l.6, « chacun sa guerre » que je me dis ») renforce cet aspect. Le style n'estpas recherché, Bardamu est un homme comme un autre.

De plus, nous pouvons constater que l'auteur peint le tableau répugnant des atrocités de la guerre. Pour cela, il utilise un vocabulairecru et réaliste comme le montrent les expressions « le cavalier n'avait plus sa tête, rien qu'une ouverture au-dessus du coup » (l.76), « le colonel avait son ventre ouvert » (l.79). Les champslexicaux de la boucherie, avec les mots « viandes », « sang », et de la cuisine, avec les références à la « marmite », la « confiture » et les « glouglous », accentuent le dégoût du lecteur, qui comprendque les cadavres ne sont plus que des carcasses d'animaux. La guerre ôte à ceux qui la font leur caractère humain. L'agressivité du monde guerrier est aussi exprimée par la métaphore de « l'essaim deballes ». Les guêpes sont en effet mortelles quand leurs piqûres sont nombreuses, et le champ lexical de la mort qui imprègne le texte, ainsi que les allusions à l'Enfer ( les références au « charbon », les expressions « allumer la guerre » et « à présent ça brûlait » l.10 et 11), achèvent de dépeindre cet univers angoissant et fatal.

De même, pour mieux souligner sa dénonciation et fairedu lecteur un complice, Céline use de l'ironie et de l'absurdité. En effet, il n'hésite pas à comparer la guerre avec les jeux de hasard et de divertissement comme l'évoquent le « tirage au sort »,...