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   La Logeuse
Littératures |   |

Cette nouvelle est un extrait de
"The complete tales of the unexpected and other stories"
de ROALD DAHL

Editor: THE FOLIO SOCIETY LONDON 2001

A propos de l’auteur
Issu de parents norvégiens, Roald Dahl est né en 1916 au pays de galles. En 1939, il s’engage dans la R.A.F., dont il est réformé en 1942, avec le grade de commandant. Il occupe ensuitedivers postes à l’ambassade de Grande-Bretagne à Washington. C’est là qu’il commence à écrire des nouvelles humoristiques et fantastiques, Bizarre ! Bizarre ! et Kiss Kiss, et des contes pour enfants qui l’ont rendu célèbre dans le monde entier. Roald Dahl est mort le 23 novembre 1990.

Traduction (privée, non officielle) de Daniel Rota - Août 2002

LA LOGEUSE

Billy Weaver venait de Londrespar le train omnibus du soir, après un changement à Swindon, il arriva à Bath vers 9 heures. La lune apparaissait dans un ciel clair et étoilé, juste en face de la gare. Cela n’empêchait pas l’air d’être mortellement glacial et le vent lui faisait l’effet d’une fine lame de glace qui lui zébrait les joues.

« Excusez-moi, dit-il, connaissez-vous un hôtel correct et pas trop cher près d’ici ? »« Essayez La Cloche et le Dragon » lui répondit le porteur en montrant du doigt le bas de la rue. «Ils vous accueilleront bien. C’est à peu près à 300 mètres de l’autre côté de la rue.»

Billy le remercia, attrapa sa valise et commença à parcourir les 300 mètres qui le séparaient de La Cloche et le Dragon. Il n’était jamais venu à Bath. Il n’y connaissait personne. Mais Monsieur Greenslade ausiège de Londres lui en avait vanté les charmes.
«Trouvez-vous un logement, faîtes le nécessaire et prévenez votre chef de bureau dès que vous serez installé.»

Billy avait dix-sept ans. Il portait un manteau bleu marine neuf, un chapeau brun neuf, un costume brun neuf, il était tout neuf et il se sentait ainsi tout à fait admirable.

Il descendait la rue à pas vif. L’énergie, avait-il décidé,était la principale qualité nécessaire au succès de tout homme d’affaires. Tous les cracks du siège étaient en permanence extrêmement actifs, ils étaient stupéfiants.

Il descendait cette rue large, sans magasins, bordée de chaque côté de vastes demeures toutes identiques. Elles avaient des porches, des colonnes et quatre ou cinq marches qui conduisaient à la porte d’entrée. Il était évidentqu’à leur époque elles étaient des résidences cossues. Mais maintenant, même dans la nuit il pouvait voir que la peinture des portes et des boiseries des fenêtres s’écaillait et que ces belles façades blanches étaient négligées craquelées et marbrées de taches. Soudain à la fenêtre d’un rez-de-chaussée qui était bien éclairée par un lampadaire tout proche, Billy aperçut une pancarte apposée contre unevitre. Elle annonçait «chambres meublées». Il y avait une vasque avec une plante comme un saule pleureur de grande et belle allure en dessous de cet avis. Il arrêta sa marche ; s’approcha un peu plus prés.
Des rideaux verts – en une sorte de tissu velouté - étaient accrochés de part et d’autre de la fenêtre. Le saule pleureur semblait magnifique en leur milieu. Il avança encore et scruta àl’intérieur et la première chose qu’il vit fut un feu vif dans l’âtre. Sur le tapis en face du foyer un mignon petit teckel lové sur lui-même dormait avec le nez blotti dans son ventre. La pièce elle-même, autant qu’il pouvait le voir dans la pénombre, était agréablement meublée. Il y avait un piano quart de queue, un grand canapé, quelques fauteuils capitonnés, et dans un coin il aperçut un grandperroquet dans sa cage. Des animaux étaient en général un bon signe dans ce genre d’endroit se dit Billy. Considérant tout cela il lui sembla que ce serait une agréable et décente maison pour séjourner. Il serait certainement plus confortable qu’à l’auberge de la Cloche et du Dragon. D’un autre côté un pub serait plus sympathique qu’une chambre chez l’habitant. Il y aurait de la bière et des jeux...
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