Camus la peste

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  • Publié le : 30 mai 2010
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1. Le sujet

En 194..., la ville d'Oran, en Algérie, subit une épidémie de peste qui la coupe du reste du monde. On assiste à la progression puis au déclin de la peste, on en voit les effets sur la population. Albert Camus crée ainsi une situation expérimentale qui permet d'étudier ce que deviennent les hommes dans une période de crise.

L'action se situe à Oran : le récit est ponctué dedescriptions de la cité, présentée comme « une ville ordinaire ». Elle est évoquée à travers les saisons, le temps qu'il fait, l'activité quotidienne (travail, marchés, transports, cafés, cinémas), les différents quartiers, la mer : « Cette ville déserte, blanchie de poussière, saturée d'odeurs marines, toute sonore des cris du vent, gémissait alors comme une île malheureuse. »

2. Les thèmes2.1. La maladie et la souffrance

La maladie apparaît brutalement et se répand avec rapidité. Elle est décrite avec une précision toute médicale : sa transmission par les rats, la fièvre et les abcès, les difficultés respiratoires, certains détails réalistes étant presque insoutenables. L'épidémie s'amplifiant, des dispositions légales sont prises : isolement des malades (dans les hôpitaux puisdans les écoles), quarantaine pour les familles (qui vivent dans des camps), enterrements d'abord bâclés, puis supprimés ; transport des cadavres dans des tramways, vers des crématoires en dehors de la ville.

2.2. La mort

La maladie est généralement suivie de mort. Celle-ci est décrite en tableaux poignants, qui vont crescendo : celle du concierge, puis celle du chanteur (qui joue Orphée). Àl'épisode révoltant de la mort d'un enfant succède celle d'un prêtre puis celle de Jean Tarrou, l'un des principaux personnages.

2.3. La séparation, l'exil et la solitude

La ville frappée par la peste est coupée du monde. Nul ne peut y entrer, nul ne peut en sortir. Le courrier n'est plus acheminé. Seuls les télégrammes permettent d'avoir de loin en loin des nouvelles des absents. Chacun estdonc comme exilé de sa famille ou de ses proches, faisant, d'une façon ou d'une autre, l'expérience de la séparation. De plus, tout homme susceptible d'être contaminé devient une menace pour autrui.

2.4. La mise à l'épreuve

L'épidémie constitue une épreuve collective : « Il n'y avait plus alors de sentiments individuels, mais une histoire collective qui était la peste et des sentimentspartagés par tous. » La menace quotidienne de la mort et l'enfermement modifient les comportements. Ils font naître des révoltes mais aussi des actions de dévouement et de solidarité.

Cela ne se manifeste pourtant pas par l'héroïsme : « C'est que rien n'est moins spectaculaire qu'un fléau et, par leur durée même, les grands malheurs sont monotones. »

3. Les personnages

La plupart des personnagesde premier plan sont des hommes (les seules femmes présentes sont des mères et incarnent patience et douleur). Ils constituent des figures sociales : un médecin (Rieux), un prêtre (Paneloux), un journaliste (Rambert), un fonctionnaire municipal (Grand), un juge (Othon), un trafiquant (Cottard). À leurs côtés, Tarrou, ami du médecin, fait figure de philosophe solitaire.

3.1. Bernard Rieux

Lemédecin constitue, de facto, le personnage principal : il est présent à la première et à la dernière page du livre. « Paraît trente-cinq ans [...]. Il a l'air d'un paysan sicilien avec sa peau cuite, son poil noir et ses vêtements de teintes toujours foncées, mais qui lui vont bien. »

Par ses yeux, nous découvrons le premier rat contaminé. Le premier encore, il prononce le mot « peste ». Nonseulement il est celui qui voit la vérité, mais aussi celui qui y fait face coûte que coûte, malgré l'épuisement : « Pour le moment il y a des malades et il faut les guérir. Ensuite, ils réfléchiront et moi aussi. Mais le plus pressé est de les guérir. ».

La peste est pour lui « une interminable défaite ». Il apprend la mort de sa femme juste après celle de son ami Jean Tarrou : « Depuis deux...
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