Camus l'etranger

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 20 (4794 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 6 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Frankétienne |[pic] | |
|[pic] |

|[pic] |
|[pic]|
| |
|photo © Kathleen Gyssels |
|novembre 2000, Bruxelles|
| |
||
|Enseignant, chanteur, comédien, dramaturge, écrivain et peintre, Frankétienne (alias Franketienne ou Franketyèn), de son vrai nom Franck |
|Étienne, est né le 12 avril 1936 dans une section rurale de l'Artibonite, suite, dit-il, au « viol d'une paysanne haïtienne de treize ans par |
|un vieil industriel américain ». Cette scène primitive, qui est d'abord récit pour l'enfant presqueblanc élevé sans connaître son père dans un|
|milieu populaire noir, deviendra le motif principal d'un de ses livres les plus achevés, H'Éros-Chimères (Prix Carbet 2002), un énorme « roman |
|familial » de 350 pages de format 8,5 x 11 pouces. Complètement éclaté dans sa forme – où images (peintures, copy art), jeux de caractères |
|(typo-poésie) et calligraphies se combinent pour faire dechaque page un objet d'art que Frankétienne nomme « spirale » comme la plupart de ses|
|textes non dramatiques depuis Ultravocal (1972) –, cette œuvre limite est aussi le récit des déchirures d'une société minée par une gangrène |
|populiste autoritaire et obscurantiste qui a conduit, en l'année de son bicentenaire, le pays haïtien au fond d'un gouffre que préfiguraient |
|déjà, jusqu'à uncertain point, L'oiseau schizophone (1993) et la série picturale des « Têtes » (1999-2000). |
|Accroché obstinément à son bout d'île qu'il a refusé de quitter même pour un court séjour durant les années Duvalier, et qu'il refuse encore de|
|quitter trop longtemps, malgré les sollicitations nombreuses et la furie des exodes, publiant régulièrement (depuis quaranteans) dans les deux|
|langues des traditions littéraires haïtiennes, jouissant d'une large audience nationale, plus qu'aucun autre, Frankétienne est écrivain |
|haïtien. Créateur nocturne (écrivant et peignant la nuit) : sismographe de la trop longue nuit duvaliérienne, et de l'interminable décente aux |
|enfers lavalassiens, chacune de ses grandes œuvres est profondément ancrée dansl'histoire contemporaine haïtienne. Chacune témoignant, malgré |
|l'homme ou l'écrivain qui se veut avant tout créateur, d'un moment de la « conscience nationale ». |
|Ultravocal (1972) : le vertige de l'errance sans fin ni finalité, le pays habité par « le mal majeur » forçant ses enfants à l'exode massif |
|sans espoir ni désir de retour. Qu'on serappelle cette scène tragique de Mûr à crever (1968) : chassés des Bahamas, quatre Haïtiens, sur le |
|bateau du retour, se jettent à l'eau, se livrant aux requins de la mer caraïbe plutôt que de revoir l'enfer duvaliériste. Mais Ultravocal, |
|c'est d'abord l'aventure du langage, un travail inouï sur la langue française qui fait de ce livre, de 415 pages, un monument de littérature |...
tracking img