Camus

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 20 (4782 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 5 décembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Le Procès, de Franz Kafka, adapté par Orson Welles : le motif de la porte
Montrez l’importance du motif de la porte, dans le roman comme dans le film, et proposez-en une interprétation.

Observations

I — Dans le roman
Chapitre I
Intrusion de l’inspecteur, qui pénètre dans la chambre de Joseph K. (sans qu’il soit précisé d’où il vient) :
À ce moment on frappa à la porte etun homme entra qu’il n’avait encore jamais vu dans la maison (p. 23).
Plus tard, l’intrus communique avec quelqu'un d’autre, de l’autre côté de la porte. Puis le récit mentionne plusieurs allées et venues, entre la chambre de K., le salon de Mme Grubach et la chambre de Mlle Bürstner.
Le soir, Joseph K. s’arrête devant la porte pour échanger quelques propos avec le fils de laconcierge. Ensuite, il converse avec Mme Grubach qui l’incite à franchir clandestinement la porte de la chambre de Mlle Bürstner :
Et elle alla ouvrir la porte de la chambre de Mlle Bürstner.
« Merci, je vous crois sur parole », dit K., en allant voir quand même. ( ! )
Un peu plus tard, rentré chez lui, K. se couche sur le canapé « après avoir entrouvert la porte du vestibule pourpouvoir identifier du premier coup ceux qui rentreraient ». Au retour de Mlle Bürstner, il force plus ou moins sa porte par désir de s’entretenir avec elle ; et c’est sur le seuil de sa porte qu’il lui vole un baiser :
Il la reprit par le poignet. Cette fois-ci elle le laissa faire et le ramena jusqu'à la sortie. Il était fermement décidé à partir. Mais, parvenu devant la porte, il eut un recul commes’il ne s’était pas attendu à la trouver là ; Mlle Bürstner profita de cet instant pour se libérer, ouvrir et se glisser dans le vestibule d’où elle lui chuchota :
« Allons, venez maintenant, je vous en prie. Voyez — et elle montrait la porte du capitaine sous laquelle passait un rayon — il a allumé et il s’amuse à nous écouter faire. » (p. 57)
Chapitre II
Mlle Bürstner "ferme saporte" à Joseph K… (mais l’ouvre largement à Mlle Montag). Parallèlement, la bonne referme systématiquement la porte que Joseph K. laisse entrouverte sur le vestibule pour épier sa jeune voisine (cf. p. 58). Il brûle du désir d’entrer chez elle :
En traversant le vestibule, il jeta un regard sur la porte, fermée, de Mlle Bürstner ; mais ce n’était pas là qu’il était invité, c’était à la salle àmanger, et il l’ouvrit en coup de vent, sans même prendre la précaution de frapper. (p. 63)
Après son entrevue avec Mlle Montag, Joseph K. se permet d’ouvrir la porte de Mlle Bürstner, « non sans éprouver le sentiment de commettre une faute » (p. 67). Malgré sa prudence, il est presque sûr que Mlle Montag et le capitaine ont surpris son manège, par la porte entrouverte de la salle àmanger :
Ils évitaient de se donner l’air d’observer […]. Mais ces regards pesaient terriblement à K. (p. 67)
Chapitre III
K. se rend, un peu au hasard, chez le juge d’instruction. La porte d’entrée de l’immeuble est « de formidables dimensions » (p. 72). K. erre dans les étages sans trouver la bonne porte. Curieusement, la plupart des portes sont ouvertes. Au cinquième, une jeunefemme qui lave du linge l’introduit dans la pièce du tribunal, non sans refermer la porte derrière lui comme on lui en a donné mission :
« Après vous il faut que je ferme ; personne n’a plus le droit d’entrer. » (p. 75)
À la fin, un homme attire la laveuse de linge « dans un coin près de la porte »… (p. 85). Dans le tumulte qui s’ensuit, K. gagne la sortie :
K. s’arrêta, mais sansregarder le juge ; il n’avait d’yeux que pour la porte dont il avait déjà saisi la poignée. (p. 86)
Chapitre IV
La laveuse, apprend-on, est l’épouse d’un huissier, étymologiquement "gardien des portes"…
Quand l’étudiant l’enlève, « K. gagn[e] la porte par curiosité pour voir où l’on menait la femme » (p. 98) :
Les deux fuyards avaient déjà disparu qu’il restait encore sur...
tracking img