Camus

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  • Publié le : 15 novembre 2009
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L’Étranger - Camus

Le titre de L’Étranger apparaît en juin 1937. Camus a ébauché dans un roman La Mort heureuse un récit concernant un homme qui ne veut pas se justifier.Il meurt, seul à garder sa vérité.Le nom du héros était Mersault : (Mer-Sol, Mer et Soleil). Dans L’Étranger ce nom se changera en Meursault qui nous suggère peut-être “Meure-Soleil”. Dans ses notes sur L’Étranger, Camusécrit en août 1937 : « Le type qui donnait toujours les promesses et qui travaille maintenant dans un bureau. Il ne fait rien d’autre part, rentrant chez lui, se couchant et attendant l’heure du dîner en fumant, se couchant à nouveau et dormant jusqu’au lendemain. Le dimanche, il se lève très tard et se met à sa fenêtre, regardant la pluie ou le soleil, les passants ou le silence. Ainsi toute l’année.Il attend. Il attend de mourir. “[1]

L’Étranger a été conçu immédiatement avant la guerre. Mais rien n’indique que l’aggravation de la situation internationale a marqué l’écriture du roman. On supposera que les dernières pages ont été influencées par l’exécution de Weidmann, guillotiné le 16 juin 1939: la scandale qu’elle provoqua, en suscitant autour du condamné une sorte de réunion mondaine,mit fin aux exécutions capitales sur la voie publique. Mais Camus était déjà sensible à la question de la peine de mort.

La première édition de L’Étranger est datée du 15 juin 1942. La critique officielle soumise au régime de Vichy et aux autorités d’occupation, jugea le livre avilissant et immoral.

SOURCES

1. On demanda à Camus s’il avait été influencé par le poème en prose deBaudelaire : L’Étranger, qui débute ainsi « Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ? »
Camus répondit que « s’il y avait eu emprunt, il était inconscient et de réminiscence.»

2. Camus admirait beaucoup les ouvrages de Stendahl. Dans Le Rouge et le Noir, Julien est un peu comme Meursault, «étranger» à son procès, l’unet l’autre acceptant l’exécution capitale comme une forme de martyr.[2]

3. Il y a des points communs entre L’Étranger et Zadig ou Candide de Voltaire. Dans Candide, la démonstration philosophique est ironiquement résumée par la formule célèbre:« Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».

4. Plus probants sont les rapprochements opérés entre L’Étranger et Kafka(1883-1924) en particulier son roman le plus célèbre , Le Procès (publié en 1925). Josepf K ...est accusé. Mais il ne sait pas de quoi. Il tient sans doute à se défendre, mais il ignore pourquoi. Les avocats trouvent sa cause difficile. Entre-temps, il ne néglige pas d’aimer, de se nourrir ou de lire son journal. Puis il est jugé. Mais la salle du tribunal est très sombre. Il ne comprend pasgrand-chose. Il suppose seulement
qu’il est condamné, mais à quoi, il se le demande à peine...

Dans La Métamorphose, autre oeuvre de Kafka, le narrateur, Grégoire, transformé en scarabée , pense au mécontentement de son patron quand il constatera son absence. Meursault, devenu orphelin a la même réaction, disproportionée à son malheur. Ce nivellement par la conscience de tous les événements,ordinaires, extraordinaires ou fantastiques, appartient à une tradition de l’absurde. Il provoque aussi bien des effets comiques (ainsi dans Amadée ou Comment s’en débarrasser , de Ionesco). Ne pourrait-on, à la limite, trouver comiques certaines réactions incongrues de Meursault, de Grégoire ou de Joseph K. ? La situation de Meursault sur le point de serrer la main au juge deviendrait un gag dansun autre contexte.

ÉTRANGER

Jusqu’au moment où il est jugé, Meursault ne sent étranger en aucune manière. Il ne se sent étranger ni par rapport à la réalité ni par rapport à la société. Son accord avec la nature est même assez parfait pour n’être jamais mis en question. Il parle de la mer, du sable, du soleil comme nous parlerions de l’air que nous respirons. Il faudra que la société...
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