Candid ou l'optimisme

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  • Publié le : 10 décembre 2011
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Candide : Les thèmes

1. Candide, un apologue ou un récit au service d’une idée
a. Un conte merveilleux Candide s’ouvre sur une formule traditionnelle du conte merveilleux : le « Il y avait en Westphalie dans le château de monsieur le baron de Thunder-Ten-Tronck, un jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces » fait écho au « Il était une fois… » des contes classiques.De même l’enchaînement extraordinaire des actions, l’incroyable destin d’un héros qui échappe à tous les périls et les endroits fabuleux comme l’Eldorado sollicitent l’imagination. Candide est aussi un récit de voyage : le héros parcourt le monde, de Prusse au Paraguay, du Surinam à la mer de Propontide en passant par Paris. Récit de voyage, roman d’aventures, quête amoureuse, roman d’initiation,la variété de la matière romanesque est le maître mot de ce récit propre à susciter la curiosité du lecteur. b. L’utopie dans Candide Au cœur du récit de Candide, se glisse un autre genre de l’apologue : l’utopie. Ce terme qui vient du grec u-, « non », et topos, « lieu » et qui signifie littéralement « ce qui n’existe nulle part », est celui donné par Thomas More (1478-1534) à la cité idéale qu’ilimagine dans son récit Utopia (1516). Il désigne aujourd’hui un récit qui présente des voyages et des terres imaginaires et idéales où se découvrent des formes nouvelles d’organisation politique et sociale. L’utopie a donc un double avantage : elle a d’abord un aspect séduisant, puisqu’elle transporte le lecteur dans le monde du rêve et de l’idéal ; mais dans ce siècle de contestation qu’est leXVIIIe siècle, l’utopie est un moyen qui permet la remise en question de la société de l’Ancien Régime et des préjugés européens. Dans Candide, on peut relever trois utopies, qui donnent un sens à la structure du texte et montrent l’importance dans le conte de la réflexion sur le bonheur du plus grand nombre. Le conte s’ouvre sur une première utopie, celle du château de Thunder-ten-tronck. Candidey est heureux et ne s’aperçoit pas que ce monde est fondé sur des préjugés et qu’il est donc totalement dérisoire. La deuxième utopie est celle de l’Eldorado. La description merveilleuse du luxe, du raffinement, de la richesse et de la grandeur de ce petit paradis masque à peine la critique des dysfonctionnements de la société contemporaine de l’auteur. La troisième et dernière utopie est cellefinale du jardin de Propontide. L’utopie ici n’est plus vraiment critique, mais offre un idéal réaliste pour être heureux : « Il faut cultiver notre jardin ». c. La ou les leçon(s) de Candide Voltaire intitule le dernier chapitre de Candide « Conclusion ». La première découle de la rencontre de Candide et Pangloss avec « le meilleur philosophe de la Turquie ». « Se taire », tel est le conseil de cederviche. Par ce verbe Voltaire achève non seulement son conte, toute parole est maintenant vaine car tout a été montré et démontré, mais il met aussi un terme aux bavardages métaphysiques d'un Pangloss. La leçon est clairement formulée ici : ce ne sont pas des raisonnements métaphysiques qui résolvent les maux de l'homme. Il faut

donc laisser tomber les discussions philosophiques et se mettreau travail, telle est la seconde leçon du conte. C’est Martin qui l’énonce « Travaillons sans raisonner ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable ». Cette leçon est complétée par la célèbre formule finale : Candide coupant la parole à Pangloss – signe de son indépendance d’esprit à l’égard d’un maître qu’il « écoutait attentivement » au début du conte – affirme : « Il faut cultiver notrejardin ». Cette leçon n'est plus critique comme l'injonction « il faut se taire » mais pratique. Comme le dit et le montre le sage vieillard qui cultive avec ses enfants ses vingt arpents de terre et qui semble avoir trouvé le bonheur, « le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin ». Il faut travailler la terre, qui apporte richesses et prospérité, mais aussi...
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