Candide chapitre 19

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1038 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 5 novembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Sequence 2 |Un mouvement littéraire et culturel du XVIIIème siècle |
|Candide Chapitre 19 | |

Texte étudié :

En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvrehomme la jambe gauche et la main droite. « Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais- tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ? -- J'attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. -- Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ? -- Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deuxfois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : " Mon cher enfant, bénis nos fétiches,adore-les toujours, ils te feront vivre heureux, tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. " Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanchesque nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible.
- Ô Pangloss ! s’écria Candide, tu n’avais pas deviné cette abomination ; c’en est fait, il faudra qu’à la fin je renonce à ton optimisme. -Qu’est-ce qu’optimisme ? disait Cacambo. - Hélas ! dit Candide, c’est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal. » Et il versait des larmes en regardant son nègre, et en pleurant il entra dans Surinam.

Candide ou l’optimisme, extrait du Chapitre 19, Voltaire. (1759)

Problématique :

Comment Voltaire met-il en place une dénonciation de l’esclavage ?

Plan détaillé :

I- Discoursdu négre :

Discours argumentatif suite à la questionde Candide. Discours explcatif, ton neutre, emploi du présent de vérité général : « C’est l’usage » montre que l’esclavage est un droit qui s’inscrit dans une loi. Il n’y a pas de révolte de la part du nègre, utilisation de liens logiques avec une répétition de la temporelle « quand ». C’est au lecteur de réagir, comme le fait Candide, quiéprouve de l’affection envers cet homme car il a un point de vue subjectif : « pauvre homme ». « Eh ! Mon Dieu ! lui fit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans l’état horrible où je te vois ? ».
Le vocabulaire employé par l’esclave est courant, voire rechercher, il nous parle de généalogie. Ce qui surprant : La parole est donnée à l’esclave lui-même : important pour Voltaire qui sebat pour la liberté d’expression.

II- Qu’es ce que l’esclavage ?

-But économique. Voltaire fait référence au commerce triangulaire par le nom du maître de l’esclave : « Vanderdendur » qui peut avoir une conotation péjorative, exprimant la cruauté. L’auteur fait également référence au sucre, ce qui rappel le texte de Montesquieu «  De l’esclavage des nègres ». Le sucre est d’une denrée rare, deluxe, ce qui montre que pour une cause minimale, les conséquences sont maximales. Voltaire fait aussi référence au « Code Noir » qui est un recueil d'une soixantaine d'articles promulgués en 1685 sous le règne de Louis XIV par Colbert, son ministre des finances et qui rassemble toutes les dispositions réglant la vie des esclaves noirs. En effet, on retrouve dans le récit a but informatif de...
tracking img