Candide de voltaire

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  • Publié le : 8 novembre 2009
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Le texte dont il est ici question est l’incipit de Candide de Voltaire. Voltaire est un des grands hommes du mouvement des Lumières, il dénoncera sans relâche et en utilisant différents genres, les injustices, les inégalités et l’intolérance. Il écrira des contes philosophiques, comme Candide et Micromégas, mais aussi des traités, des essais, des lettres ainsi que des articles de l’Encyclopédie.Candide est donc un conte philosophique, une des formes possibles de l’apologue, qui se doit d’être un récit divertissant comportant une moralité, un enseignement explicite ou non. Ce conte est représentatif de l’esprit des Lumières et de ses grands combats, puisque Voltaire y dénonce en particulier la philosophie Leibnitzienne, mais également diverses formes d’injustices comme les abus de lareligion (chapitre 6 : “L’autodafé”), du pouvoir (chapitre 3 : “La guerre”), ainsi que l’esclavage (chapitre 19 : “Le nègre de Surinam”). De plus, c’est une œuvre qui propose constamment un double niveau de lecture par le recours à l’ironie, une arme formelle dont Voltaire a souvent usé.

L’incipit nous donne à voir les éléments traditionnels du conte pour mieux les subvertir et mettre à jour uneréalité déceptive cachée derrière des illusions, qui sont ainsi dénoncée.

I. L’univers du conte

Avant toute chose, l’incipit met en avant un univers du conte traditionnel, qui est illustré dans le texte par les formules du conte, les éléments spatio-temporels et les poncifs ainsi que des personnages représentatifs de ce genre très codé, qui fait partie des références culturelles du lecteur.A. Les formules traditionnelles du conte

Tout d’abord, Voltaire a recours à la formule traditionnelle du conte : « Il y avait en Westphalie » pour débuter son récit. Il l’inscrit de cette façon dans un genre codé auquel il le rattache et à partir duquel le lecteur pourra mesurer l’écart. Il reprend également toutes les tendances langagières de celui-ci. Il utilise des comparatifs et dessuperlatifs, comme « les moeurs les plus douces »/ « l’esprit le plus simple »/ « un des plus puissants »/ « le plus beaux des châteaux »/ « la meilleurs des baronnes possibles », qui doivent participer à la création d’un monde manichéen, ce qui présente l’intérêt de proposer des repères simples.

De même, le texte est littéralement envahi par une caractérisation positive qui passe par lamultiplication d’adjectifs mélioratifs comme « beau », « bon », « honnête », « douce », etc.

On retrouve aussi le temps de la description du conte, l’imparfait, avec par exemple, « avait », « annonçait », «soupçonnaient». L’incipit est dominé par l’imparfait ce qui souligne sa vocation, car il s’agit de présenter la situation initiale et tous ses éléments avant d’évoquer l’élément perturbateur, quiamènera l’utilisation du passé simple.

B. Les éléments traditionnels du conte

Ensuite, si le lecteur retrouve d’emblée le langage du conte, il retrouve aussi tous ses éléments. En effet, les lieux sont dignes d’un conte de fée, le récit débute dans un pays peu connu, « la Westphalie », et surtout se déroule dans un « château », lieu emblématique du conte où l’on trouve, bien sûr, une « grandesalle » avec sa « tapisserie ».

Non seulement les personnages font pratiquement tous partie de la noblesse, on trouve ainsi le « baron », la « baronne » et leurs enfants, mais de plus cette noblesse est mise en relief par le refus de la sœur du baron d’épouser un « bon et honnête gentilhomme du voisinage » car celui-ci « n’avait pu prouver que soixante et onze quartiers, et que le reste de sonarbre généalogique avait été perdu par l’injure du temps ». La noblesse est donc à la fois la caractéristique principale des personnages mais elle commande aussi leurs actions. La présence d’un précepteur va dans ce sens, en faisant partie des attributs inséparables de la noblesse.

De même, Voltaire choisit l’intemporalité propre à l‘univers du conte et l’absence de précision pour plus...
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