Candide ou l'optimisme

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  • Publié le : 10 juillet 2010
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Un bon petit diable
(Charles vit chez sa cousine qui ne manque pas au moindre problème de lui infliger de graves punitions)

Charles entra rayonnant à la cuisine, où l’attendait son déjeuner,au moment où la cousine entrait par la porte opposée pour faire son inspection matinale. Charles salua poliment, prit sa tasse de lait et plongea la main dans le sucrier ; la cousine se jeta dessus.MADAME MAC’MICHE
Pourquoi du sucre ? Qu’est-ce que cette nouvelle invention ? Vous devriez vous trouver heureux d’avoir du lait au lieu de pain sec.

CHARLES
Ma cousine, je serais bien plusheureux d’y ajouter le morceau de sucre que je tiens dans la main.

MADAME MAC’MICHE
Dans la main ? Lâchez-le, monsieur ! Lâchez vite ! »
Charles lâcha, mais dans sa tasse.
« Voleur ! brigand! s’écria la cousine. Vous mériteriez que je boive votre lait. »

CHARLES
Comment donc ! Mais j’en serais enchanté, ma cousine ; voici ma tasse.
Charles, sans perdre de temps, saisit la tassede café au lait qui chauffait tout doucement devant le feu pour sa cousine, mangea le pain mollet qui trempait dedans, se dépêcha d’avaler le café et finissait sa dernière gorgée, quand sa cousine, unpeu honteuse, se retourna.

MADAME MAC’MICHE
Mon café ! mon pain mollet ! Misérable !

La cousine saisit Charles par le bras, l’entraîna près du bûcher, prit une baguette, jeta Charles parterre comme la veille, et se mit à le battre sans qu’il fit un mouvement pour se défendre. De même que la veille, elle ne s’arrêta que lorsque son rhumatisme à l’épaule commença à se faire sentir.Charles se releva d’un air riant ; les visières1 l’avaient parfaitement préservé ; il n’avait rien senti. Il cru pouvoir s’en aller, mais non sans avoir lancé une phrase vengeresse.
« Je vais aller mefaire panser2 chez M. le juge de paix, ma cousine. »

MADAME MAC’MICHE
Imbécile ! Je te défends d’y aller !

CHARLES
Pardon, ma cousine, M. le juge de paix me l’a recommandé : et vous savez...
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