Candide, voltaire

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Le mythe du marché : le cas américain
L’interventionnisme étatique étasunien
Aurore LALUCQ
04 / 2006
La vision la plus répandue et néanmoins caricaturale de l’économie étasunienne, serait celle d’un libéralisme dominant pourvoyeur de la libre-entreprise et à l’origine d’un tissu de petites entreprises particulièrement dynamiques tant sur leplan de la production que de l’innovation. Dans une telle perspective, l’Etat resterait discret au possible, réduit à ses fonctions régaliennes de peur de n’entraver l’efficience du marché.
Pour Neil Fligstein cette vision est non seulement simpliste mais qui plus est erronée, l’Etat étasunien étant « depuis l’origine, profondément impliqué dans le fonctionnement de l’économie nationale, et ced’une façon qui n’est guère étrangère aux européens » .
Dans sa volonté de démystification qui est la sienne, l’auteur s’essaie à l’analyse des deux emblèmes du capitalisme étasunien contemporain : celui de la valeur actionnariale et celui de la silicon valley tous deux considérés à tort comme les émanations d’un capitalisme efficient et innovant car dérégulé.
La valeur actionnariale
Derrière leconcept de valeur actionnariale, couve l’idée d’obligation pour l’équipe dirigeante d’assurer un taux de profit maximal aux actionnaires. Le fondement idéologique sous entendu ici n’est pas récent, c’est celui du contrôle des sociétés (corporate control) développé dans les années 1960 et qui vise à déterminer par quels procès les dirigeants et les propriétaires d’une entreprise peuvent fairefructifier leurs capitaux. La question est donc de savoir comment sa version actionnariale a-t-elle pu devenir dominante ? Une mise en perspective historique est sur ce point nécessaire.
Aux Etats-Unis a d’abord prévalu dans les années 1960 à 1970 une conception dite financière du contrôle des sociétés. La firme y était alors vu en quelque sorte comme un « paquet » d’actifs que l’on pouvait déployerpour acquérir des filiales selon leur profitabilité. Ce type de contrôle permettait de stabiliser les résultats des entreprises, de leur créer une sorte de couverture-risque en diversifiant leurs capitaux. Cette stratégie fut possible car les entreprises étasuniennes étaient déjà diversifiées après la seconde guerre mondiale, mais aussi paradoxalement parce que les lois anti-trust étaient strictementappliquées (toute fusion avec un concurrent ou un fournisseur étant interdite, soit toute concentration verticale ou horizontale). De façon incongrue cette situation juridique a renforcé les processus de fusion-acquisition mais dans des secteurs totalement différents, si bien que dans les années 1960 les conglomérats vont se multiplier et le rôle des directeurs financiers prendre des proportionsconsidérables.
Mais rapidement, les Etats-Unis vont rencontrer plusieurs difficultés : celles de l’inflation, du ralentissement économique et d’une sévère concurrence étrangère notamment nippone. Ainsi, à la fin des années 1960, les cotations des entreprises étasuniennes sont inférieures à la totalité de leurs actifs en liquidité. En réponse à cette crise, va donc se mettre progressivement enplace un contrôle des sociétés de type « valeur actionnariale » et l’Etat jouera un rôle prépondérant dans ce processus. Si les réformes vont débuter sous Carter, c’est véritablement sous Reagan qu’elles vont s’exécuter. Tout d’abord la loi anti-trust est assouplie dès 1981, autorisant de ce fait la très grande majorité des fusions. Puis, les réformes fiscales se multiplient et les impôts se...
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