Capital humain

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  • Publié le : 4 décembre 2009
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DOSSIER : LE CAPITAL HUMAIN : DE L’ANALYSE THEORIQUE A L’ACTION PUBLIQUE.

Selon la définition de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), le capital humain recouvre « l’ensemble des connaissances, qualifications, compétences et caractéristiques individuelles qui facilitent la création du bien-être personnel, social et économique. » «  Le capital humain constitue unbien immatériel qui peut faire progresser ou soutenir la productivité, l’innovation et l’employabilité »
L’investissement dans le capital humain, OCDE, 1998 ; Du bien-être des nations, le rôle du capital humain et social, OCDE, 2001.

L’investissement en capital humain est aujourd’hui l’un des grands thèmes de la politique publique dans les pays développés. Il semble pouvoir apporter dessolutions à plusieurs problèmes auxquels les décideurs politiques ont été confrontés au cours des dernières décennies, à savoir le ralentissement de la croissance économique dans la plupart des pays occidentaux depuis 1973, la montée du chômage et la polarisation des revenus. L’accumulation de capital humain permettrait en effet des gains de productivité favorables à la croissance et à l’emploi.L’amélioration de la qualification des actifs limiterait en outre les écarts de revenus.

Depuis Adam Smith, la plupart des économistes reconnaissent que les compétences de la main d’œuvre d’un pays représentent un de ses atouts concurrentiels les plus importants. Les origines de la théorie moderne du capital humain remontent toutefois aux années 60, alors que Theodore Schultz, puis Gary Becker,proposaient leurs analyses théoriques et empiriques des liens entre l’investissement en capital humain, c’est-à-dire l’éducation et la rémunération. La théorie du capital humain a en effet contribué à expliquer la croissance économique et la formation des rémunérations individuelles. Elle suppose, nous le verrons, que les individus peuvent améliorer leur productivité par des actes volontairesd’investissement dans l’éducation ou la formation. Les écarts de salaires traduisent alors le fait que les individus ne sont pas tous disposés à faire les mêmes investissements, en formation par exemple.

À une époque plus récente, deux courants de recherches ont ravivé l’intérêt envers ces questions.
D’une part, suivant les nouvelles théories de la croissance économique, auxquelles sont associés les noms deRomer, Barro et Lucas, le capital humain est un facteur déterminant de la croissance économique. Et d’autre part, il se dégage aujourd’hui un consensus interdisciplinaire de plus en plus large quant au rôle critique que jouent les premières années de l’enfance dans la formation d’adultes productifs et bien adaptés.
Les politiques relatives à la famille mais aussi à l’aide sociale et à la santéont semble-t-il une influence déterminante dans l’acquisition de capital humain. L’éducation n’en reste pas moins le pivot de la formation du capital humain, ce qui la met au cœur des analyses du capital humain.

La transition de l’école au milieu de travail et la formation des adultes représentent un autre enjeu important. Le capital humain peut se déprécier si les compétences acquises ne sontpas maintenues en bon état par un usage régulier. De ce point de vue, le chômage de longue durée et le chômage des jeunes peuvent conduire à une dégradation des connaissances et des compétences.

L’OCDE propose depuis quelques années une série de rapports portant sur la notion de capital humain, qui permettent de mesurer la fertilité du concept mais aussi son caractère pluridimensionnel. Les paysmembres de l’organisation s’accordent en effet à penser que l’investissement dans le capital humain œuvre en faveur de la prospérité économique, de l’emploi et de la cohésion sociale en promouvant le bien-être des populations. L’analyse comparative présentée dans ces synthèses est riche d’enseignements pour saisir l’influence des choix de politiques publiques sur l’accumulation de capital...
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