Carte congnitive

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  • Publié le : 9 avril 2011
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CARTES COGNITIVES: POUR NE PAS JETER LE BEBE AVEC L'EAU DU BAIN
INTRODUCTION Un des outils majeurs de l'approche cognitive est la carte cognitive ou causale. Les cartes sont ainsi utilisées pour représenter les croyances des managers (voir des recherches de Cossette, 1989; 1993; 94 a et b; Calori et al., 1993; 94) ou plus largement de l'organisation (Huff, 1990), et ce, soit dans un objectifpurement descriptif des propriétés cognitives de l'individu ou de l'organisation étudié, soit pour expliquer à partir de leur contenu ou propriétés structurelles, d'autres phénomènes individuels (voir Komocar, in Cossette 1994a), ou organisationnels (voir Roos et Hall, 1980; Hall, 1976; Fahey et al, 1989; in Huff, 1990), voire pour prédire le comportement futur des sujets détenteurs de ces cartes(voir Axelrod, 1976). Cette utilisation extensive des cartes cognitives et outils dérivés (tels les diagrammes d'influence -Diffenbach, 1982-) par les tenants du paradigme cognitif a induit une assimilation quelque peu hâtive de cet outil à un concept, puis à l'approche conceptuelle qui en fait l'usage. On parle ainsi de "courant des cartes cognitives" (Laroche et Nioche, 1994; Lauriol, 1994), commes'il s'agissait d'un concept monolithique et porteur d'une théorie à lui seul. Cette confusion du paradigme cognitif et de l'outil qu'est la carte cognitive peut conduire à assimiler les critiques formulables à l'encontre des cartes avec celles tenant aux limites de l'approche cognitive de l'organisation. En d'autres termes, l'amalgame théorie / outil effectué par ses détracteurs rend tentant de"jeter le bébé avec l'eau du bain". L'approche cognitive de l'organisation fait en effet aujourd'hui l'objet de nombreuses critiques: Angelmar et Schneider (1993) soulignent ainsi que la recherche tend à confondre l'unité d'analyse (en général organisationnelle) avec les mesures (reposant sur des agrégats de mesures individuelles) ce qui tend à un biais d'anthropomorphisme ou une fallacieinter-niveau (Rousseau, 1985). D'autres (Spender; 1994; Laroche et Nioche, 1994) lui reprochent une tendance à la réification de la cognition. Laroche et Nioche (1994) ajoutent plus précisément à l'encontre des cartes qu'elles sont avant tout une métaphore et qu'elles ne peuvent "saisir des processus cognitifs aussi complexes que ceux en jeu dans les décisions", notamment de par le fait qu'elles sont avanttout une projection, un aplatissement qui provoque une perte importante d'informations. Ils leur reprochent enfin (Voir aussi Laroche, 1995) de reproduire implicitement le modèle rationnel de la décision, les cartes donnant selon eux l'illusion que l'on peut saisir les actions en tenant les ressorts de la pensée qu'elles dévoilent. Certes, ces critiques sont pertinentes si l'on considèreglobalement l'utilisation qui a été faite des cartes cognitives. Mais à notre sens, plus que des lacunes tenant aux caractéristiques intrinsèques de l'outil, ces problèmes viennent des limites mêmes de l'approche cognitive de l'organisation. Les biais d'anthropomorphisme et de réification remarqués par Schneider et Angelmar (1993) tiennent en fait bien plus au postulat sous-jacent du paradigme cognitif,qui considère les niveaux individuels et collectifs de la cognition comme étant isomorphiques. Dans une perspective similaire, le postulat implicite critiqué Laroche et Nioche (1994) que la pensée

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précède l'action, et qu'en connaissant le contenu de celle-ci on peut prédire ou expliquer celle-là, trouve ses origines dans un des courants théoriques du paradigme cognitif, et fait l'objet denombreux débats à l'heure actuelle surtout dans une problématique ayant trait à l'apprentissage organisationnel (Voir par exemple, Spender, 1994). Enfin, la critique de réductionnisme formulée par Laroche et Nioche à l'encontre des cartes peut être effectuée pour tout outil de mesures de quelque construit que ce soit. Elle ne tient d'ailleurs plus si l'on se réfère à la définition même de la...
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