Cas brita

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  • Publié le : 27 avril 2011
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« Aristote et le rire »

A/ Les principes: critique et causalité
Pour Aristote, il n'y a pas, comme dans la philosophie de Platon, d'un côté un monde intelligible et de l'autre un monde sensible qui participerait au premier, mais il existe une seule réalité séparée en monde supralunaire, au-delà de la sphère de la lune, céleste, parfait et immuable, et sublunaire, au-dessous de la lune, lieudes choses imparfaites, soumises à la corruption et à la génération, à la contingence. Aristote ne nie donc pas la coupure platonicienne, il la déplace de telle sorte que l'intelligible n'est plus transcendant au monde mais en constitue une partie.
C'est en ce sens que la théorie de Idées se révèle inutile pour Aristote, de même qu'elle ne peut constituer la condition de possibilité de la sciencesous peine de tomber dans des contradictions insurmontables : les Idées doivent en effet être différentes et séparées du sensible (l'Idée parfaite de Lit en soi) tout en étant identiques et porter le même nom que les choses sensibles (ce lit particulier) sous peine de ne plus en être l'Idée. Ces deux exigences ne peuvent pas être réalisées car si les Idées sont séparées, on ne peut les connaître,et si elles sont identiques au sensible, elles sont comme lui imparfaites et soumises au changement et sont alors aussi inconnaissables. Si Aristote critique ainsi fondamentalement la théorie des Idées platoniciennes, il en retient toutefois l'enseignement que l'on ne peut se passer d'abstractions pour connaître la réalité.
Si, dans un premier moment, c'est sur le terrain de l'expériencesensible, de la pratique, de l'empirisme que nous nous situons, dans un second moment, c'est sur celui de la raison et de l'abstraction qu'il s'agit de se placer pour trouver les principes qui gouvernent la réalité. Car si "l'homme a naturellement la passion de connaître", si c'est un plaisir que de chercher à savoir, une telle attitude est ordonnée aux exigences de la vie "théorétique", c'est-à-direcontemplative, et spéculative. Ce qui fait la supériorité de la théorie sur la pratique, ce n'est pas la réussite effective, mais bien le savoir et l'abstraction qu'il demande pour comprendre ce que l'on fait ainsi que les causes qui président à nos actions les plus quotidiennes.
"Je le répète donc, en résumant ce qui précède : l'expérience, à ce qu'il semble, est un degré de science plus relevé quela sensation, sous quelque forme que la sensation s'exerce; l'homme qui se guide par les données de l'art est supérieur à ceux qui suivent exclusivement l'expérience; l'architecte est au-dessus des manoeuvres; et les sciences de théorie (théorétiques) sont au-dessus des sciences purement pratiques. Enfin, et par une conséquence évidente, la Sagesse [ ou Philosophie ] est la science qui étudiecertaines causes et certains principes définis."
ARISTOTE, La Métaphysique, livre A, chap.I, Ed. Presses Pocket, collection Agora", 1991, page 43.
Il faut en effet concevoir les choses selon deux aspects que l'on ne peut percevoir séparément dans la réalité mais qu'il est possible, par la pensée, d'analyser, c'est-à-dire de diviser : leur forme, ou essence, ou "quiddité", ensemble des caractères quifont que la chose est ce qu'elle est, et leur matière, support qui peut recevoir la forme.
Soit une statue de marbre. Sa forme ou essence est définie par l'ensemble des qualités et caractères qui lui permettent de représenter tel ou tel dieu par exemple; sa matière est le bloc de marbre d'où le sculpteur l'a tirée et ciselée. Ce qui veut dire qu'alors que la matière est puissance, virtualité,"dunamis", la forme est acte, "énergéia". En effet, initialement, le bloc de marbre brut ou matière est indétermination: il peut devenir ceci ou cela ou rester tel quel, il existe donc en puissance, virtuellement; c'est par l'acte, qui est la forme réalisée en lui, qu'il devient déterminé, prend la forme que le sculpteur a voulu lui donner.
Exister en puissance se distingue donc du fait d'exister...
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