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  • Publié le : 27 mars 2011
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Le show multinational du Cirque du Soleil

Stratégie. Sans animaux ni tartes à la crème mais avec poésie et onirisme, le Cirque du Soleil connaît un succès phénoménal sur toute la planète. Parti de rien, il a créé son marché, et conquis un nouveau public.
Isabelle Hennebelle | L'Entreprise n° 0234 | Paru le 01/05/2005
 
 
 
Triple saut ou taux de rentabilité ? Les deux à la fois ! AuCirque du Soleil, art et business sont inséparables ! La troupe a débarqué à Paris voilà quelques semaines, avec son spectacle Saltimbanco. A Montréal, dans les couloirs de la multinationale du spectacle, gymnastes et acrobates côtoient administratifs et financiers. Résultat de ce joli numéro d'équilibriste : 500 millions de dollars américains de chiffre d'affaires et une croissance de 15 % depuisquatre ans. Fondé en 1984 par un artiste des rues québécois, Guy Laliberté, le Cirque du Soleil compte 3 500 salariés d'une quarantaine de nationalités. En deux décennies, Guy Laliberté est devenu milliardaire. Selon Forbes, la fortune de celui qui est propriétaire à 95 % de l'entreprise atteindrait 1,2 milliard de dollars. Boucle d'oreille, crâne rasé et tee-shirt noir, ce charismatique patroncultive une âme d'artiste et un talent d'homme d'affaires. Autodidacte, il a mis sur pieds une véritable machine de guerre hollywoodienne. Uniques par leur ampleur et leur extravagance, en rupture complète avec le cirque à l'ancienne, ses onze spectacles séduisent les petits mais aussi, et c'est bien ça le tour de force, les grands et les entreprises, partout sur la planète. Pas d'animaux ni de tartes àla crème, mais de la poésie, de l'onirisme, du magique... A Paris, le public est prêt à payer la place entre 22 et 74 euros. Et 150 dollars en moyenne à Las Vegas. Soit un ticket bien plus cher que dans le cirque conventionnel.
Businessman et artiste
Le fondateur du Cirque du Soleil a l'art de s'entourer et de déléguer. Conscient que son affaire nécessite une gestion fine, il recrute un nombrecroissant de professionnels de l'entreprise. « Au début, chacun apprenait son métier sur le tas. Aujourd'hui, mes collègues vice-présidents sont souvent issus de grandes compagnies », constate Gaétan Morency, vice-président affaires publiques, sociales et culturelles, lui-même diplômé de HEC Montréal. En 2001, Guy Laliberté a fait appel à Daniel Lamarre pour qu'il devienne PDG. « Ma mission : letenir à l'écart du quotidien », confie celui qui dirigeait jusque-là TVA, le premier réseau privé de télévision au Québec. Il ajoute : « Guy est un visionnaire. Il explore la planète, à l'affût des tendances et des talents. Il découvre des filons que personne ne voit. Sa force : savoir distinguer entre son goût personnel et celui du grand public. » Le numéro 1 identifie des gens et délègue ensuitele processus de création. Il est là pour trancher, lors de réunions décisives, sur le choix du metteur en scène, par exemple.
Priorité à la création
« Chez nous, le pouvoir est à la création », se réjouit Joanne Morrow, vice-présidente principale, responsable de la création. Du jamais vu dans cet univers ! « Les grandes firmes du spectacle imposent leurs conditions aux créateurs et brident leurcréativité. » Le Cirque du Soleil réinvestit environ 50 % de ses profits dans de nouveaux projets. Du coup, les directeurs artistiques bénéficient de moyens sans pareil pour concevoir les spectacles. A Montréal, Le Studio, centre de création et de développement du cirque, offre d'immenses salles d'entraînement pour l'acrobatie et la voltige, un studio de danse, des ateliers où 300 artisansconçoivent costumes, masques, décors et équipements... Dans le laboratoire de R&D, des créateurs du monde entier viennent travailler sur un numéro, sur de nouvelles formes d'expression. « Nous étudions en permanence de nouveaux équipements technologiques, existants ou créés par nos soins », observe Joanne Morrow. La création d'un spectacle peut prendre de dix-huit à trente-six mois, car il faut...
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