Cccccc

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 14 (3362 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 30 novembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
http://www.asmp.fr - Jacques de Larosière.

Discours prononcé au Colloque HEC-Eurasia Institute

"l'Asie en 2002" par Monsieur Jacques de Larosière
le mercredi 6 février 2002 à Paris.

Les pays émergents : chances et défis

Les pays émergents recouvrent une réalité spécifique : ce sont ceux des " pays en développement" qui pratiquent, d'une manière plus ou moins efficace, l'économie demarché et accèdent aux financements internationaux. Il reste une catégorie de pays en développement -généralement les plus pauvres- qui n'ont pas encore accédé au stade de l'émergence (notamment, en Afrique et dans certains pays d'Asie). Quelle est la situation des pays émergents ? Pour répondre à cette question, j'articulerai mes remarques autour de deux questions : Ø Comment les pays émergentsont-ils tiré parti de la mondialisation au cours des trente dernières années ? Ø Quelle est la situation actuelle de ces pays et quels sont, notamment, les risques liés au ralentissement économique mondial et à l'instabilité des marchés financiers ? J'essaierai, en conclusion, de montrer quels sont les défis et les opportunités d'avenir pour ces pays. ** * I. LES PAYS EMERGENTS ET LA MONDIALISATION:

Ce sujet, particulièrement actuel avec les conférences du Forum économique Mondial et de Porto Alegre, donne souvent lieu à des approximations ou à des contre-vérités. Essayons de le traiter avec objectivité en l'examinant sous l'angle de la libéralisation du commerce mondial, de la finance internationale et de ses incidences sur la pauvreté.

A. La libéralisation du commerce mondial : 1)Cette libéralisation a été un vecteur de croissance pour les pays en développement : Ø le commerce mondial s'est accru plus rapidement que le PIB mondial, Ø la part des pays en développement dans le commerce mondial s'est accrue :

1

http://www.asmp.fr - Jacques de Larosière.

1964-1974 : cette part a été de 26 % en moyenne pendant la période 1990-2000 : cette part s'est élevée à 34 %, Ø lacroissance du PIB des pays en développement a continuellement dépassé celle des pays de l'OCDE au cours des trente dernières années (la différence annuelle moyenne a été de 1,8 % sur les trente ans, mais de 2,5 % sur la dernière décennie). Ainsi, le processus de croissance lié à l'ouverture du commerce mondial a fonctionné en ce sens qu'il a entraîné une allocation plus efficace des ressources etun développement de la croissance liée au commerce international dans les pays émergents. 2) Mais la nature de la libéralisation du commerce est en train de changer. De 1948 (GATT) jusqu'à l'Uruguay Round, ce sont les gouvernements des principaux pays industrialisés qui ont mené le processus de libéralisation en abaissant les tarifs douaniers et non douaniers. Mais, avec l'Uruguay Round(1986-1994), la libéralisation du commerce s'est orientée vers l'"intégration réglementaire". Avant l'Uruguay Round, les acteurs étaient essentiellement les Etats-Unis et l'Europe, et le processus concernait les biens manufacturés, les tarifs, l'agriculture étant laissée à l'écart. Avec l'Uruguay Round, les choses sont en train de changer : Ø l'agriculture devient un élément de l'enjeu, Ø les "nouveauxsujets" (services, investissements, propriété intellectuelle…) ont été mis en avant comme un élément essentiel des négociations par les Etats-Unis, notamment. Ces "nouveaux sujets" représentent un changement fondamental dans le processus de libéralisation. Ils impliquent des modifications dans les systèmes légaux et de régulation nationaux qui sont particulièrement importantes et difficiles pour leséconomies des pays émergents. Il s'agit d'une véritable intrusion dans les systèmes souverains d'infrastructure légale qui dépassent de loin l'intégration plus superficielle du processus GATT. Dans une large mesure, les entreprises multinationales, notamment américaines, sont devenues des acteurs essentiels depuis l'Uruguay Round.

B. La dérégulation financière et la liberté des mouvements de...
tracking img