Ce qu'il en est de la nature de l'esprit humain

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  • Publié le : 12 mai 2011
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Ce qu’il faut en tout premier lieu savoir, pour comprendre de façon adéquate le titre de la seconde méditation de Descartes c’est que, pour le philosophe, connaître quelque chose c’est avoir la certitude absolument indubitable de son existence, savoir que celle-ci ne peut être soumise à aucun doute possible. En posant l’esprit humain comme plus aisé à connaître que le corps, Descartes affirme parla même occasion que l’esprit humain est une vérité absolue, irréfutable et que le corps, au contraire, est objet de doute. Cette thèse, le philosophe la livre par l’entremise de son Sujet, dont le raisonnement ordonné et implacable, suivant l’ordre des Raisons, ou plus simplement l’ordre des exigences de l’esprit, aboutira finalement à la constatation finale que l’esprit humain est plus aisé àconnaître que le corps.

Mais cette colossale entreprise commence d’abord et avant tout par la naissance du doute chez le Sujet. Celui-ci, qui ira grandissant dans les préoccupations de notre Sujet de façon tout à fait exponentielle s’amorce dans le premier paragraphe de la première méditation et concerne, en premier lieu, la connaissance en elle-même. Le sujet commencera donc, au 2èmeparagraphe, par remettre en question l’origine de celle-ci. Il s’apercevra au paragraphe 3 que la plus commune, à savoir, les sens, l’ont déjà trompé par le passé et doivent dans ce cas être considérés comme douteux.

Autre conclusion importante qu’en tire le Sujet à ce moment, au 4ème et au 5ème paragraphe : on ne peut valablement prendre comme fondement les sens dans le but de distinguer ce qui estvrai, réellement existant de ce qui ne l’est pas. S’ils semblent en apparence nous mettre en contact direct avec les choses et leurs qualités, leurs caractéristiques, les sens sont plus que douteux. En prenant pour exemple le rêve, il s’aperçoit que ceux-ci ne sont pas des moyens assez irréfutables pour déterminer s’il est en train de rêver ou non.

Après avoir ainsi douté de ses sens, le Sujetenchaîne ensuite en remettant en question ses opinions et conceptions grâce auxquelles il se compose son univers sensible. Il commence par se dire, au paragraphe 6, que les mains, les pieds qui composent son corps sont bel et bien véritables mais il contre argumente aussitôt à lui-même, arguant qu’il y a des choses encore plus fondamentales.

C’est ainsi qu’au 7ème paragraphe, après avoir établi queles formes ou les couleurs qui définissent les différents corps qui composent notre monde, caractéristiques très spécifiques à la matière et donc assez douteuses, le Sujet leur opposera, de manière implicite des particularités plus universelles, plus simples et donc plus proches de l’essence des choses, soit la figure, la quantité, la grandeur ou encore le nombre. De fait, et il ne l’expose pasexpressément, le Sujet de Descartes notera toutefois que lui-même, sa propre existence, ne se trouve pas défini par ces dernières modalités de l’être. Son corps, lui, est bien caractérisé par celles-ci mais, comme il l’a déjà constaté, on ne peut valablement se fier au corps. C’est ce qui amène naturellement le Sujet à se questionner sur une autre vérité, bien plus éloignée de la réalité corporelleet sensorielle, les mathématiques.

Au 8ème paragraphe, le Sujet se rend compte que ces dernières, bien que pouvant trouver des applications et utilités dans le monde réel et sensible, n’y tirent pourtant pas leurs fondements. Si par exemple le Sujet dessinait un cercle dans le sable et que, la seconde d’après, la mer l’effaçait, le cercle ne cesserait pas pour autant d’exister dans l’espritdu Sujet, ce qui vient donner la preuve à ce dernier que les mathématiques sont en fait de purs objets de l’esprit humain, leur nature étant extérieure au monde réel et sensible.
N’étant pas affectés par son corps et la réalité sensible, extrêmement douteux, faut-il le rappeler, les vérités mathématiques se posent à ce moment pour le Sujet comme des certitudes absolues.

Or, ce postulat...
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