Ceci tuera cela

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  • Publié le : 24 mai 2010
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Ceci tuera cela
Introduction
Poète, romancier, auteur de théâtre, critique, journaliste, historien, Victor Hugo est sans conteste l'un des géants de la littérature française[1]. Il était affecté d'une maladie, celle de voir l'architecture[2]. Ses œuvres, ses ambitions politiques et littéraires trouvent une traduction métaphorique dans l'art architectural. Nombre de ses romans et de poèmessont centrés sur un monument architectural réel - l'Arc de Triomphe ou Notre-Dame de Paris, qui avaient une dimension métaphorique. Ses préfaces filent la métaphore et invitent le lecteur à entrer dans l'œuvre comme dans un édifice.
Il est difficile de parler de sa fascination avec architecture, puisque on n'a pas lu beaucoup de ses œuvres, et parler d'architecture à propos de Hugonécessite de se référer à l'ensemble de son œuvre. Dans ce mémoire de séminaire, nous allons essayer de donner un commentaire sur un chapitre de Notre Dame de Paris, un des romans les plus connus. La richesse des thèmes dans ce roman est impressionnante: rencontre de la Belle et de la Bête; rivalité symboliquement politique des amants; aube du monde moderne sous le signe de la récente invention,l'imprimerie; savoir et volonté de pouvoir; aspect politique des explosions de colère de la pègre; glorification nostalgique des monuments anciens. Le plus important est l'image centrale de la pierre, déjà lisible dans le titre du roman. Murs, statues, paves, pignons, tours, arcs-boutants occupent le décor, édifient le roman et son titre[3]. La présence de la pierre, sous forme métaphorique, est encoreplus envahissante. L'archidiacre Frollo est à plusieurs reprises qualifie d'homme de pierre. Quasimodo n'est pas seulement mure dans sa surdité, mais sa psyché, selon la description est emprisonnée dans des murs de pierre. La métaphore de la pierre affecte même les idées, les abstractions.
Aussi, nous allons essayer de comparer la vision d’Hugo avec la vie quotidienne, nos habitudes et on vase demander ce que vraiment représente ‘ceci’ et ‘cela’.

Ceci tuera cela
L'archidiacre considéra quelque temps en silence le gigantesque édifice, puis étendant avec un soupir sa main droite vers le livre imprime qui était ouvert sur sa table et sa main gauche vers Notre Dame, et promenant un triste regard du livre a l'église :
- Hélas! dit-il, ceci tuera cela. [4]
C'est une partie dufameux chapitre de Notre Dame de Paris, une des premières digressions d’Hugo et en réalité le cœur du roman. Dans ce court chapitre, Victor Hugo exprime une théorie qu'il juge vraie mais espère fausse sur le long terme : Ceci tuera cela. Le livre tuera l'édifice[5], ou encore L'imprimerie tuera l'architecture[6]. Il compare les œuvres de pierre aux grandes épopées, traces mémorables de la penséehumaine. La "Bible de plomb" va remplacer la "Bible de pierre", il l'évoque dans un panorama de l’architecture à travers les siècles et les civilisations, et dont la cathédrale médiévale constitue dans son roman le symbole : "vaste symphonie en pierre“[7].
La mémoire des premiers hommes fut retranscrite en premier lieu sur le sol, de simples quartiers de roche que le fer n'avait pas touchés,dit Moïse[8]. Puis on a élevé la pierre, on a construit des monuments où tout était symbole : le choix du lieu de construction, les éléments de construction, la forme des édifices, ... Ainsi, durant les six mille premières années du monde, depuis la pagode la plus immémoriale de l'Hindoustan jusqu'à la cathédrale de Cologne, l'architecture a été la grande peinture du genre humain[9], écrit VictorHugo en 1831.
Toute civilisation commence par la théocratie et finit par la démocratie. Cette loi de la liberté succédant à l'unité est écrite dans l'architecture[10]. Selon Victor Hugo, l'architecture ne se limite pas à la retranscription dans la pierre des tables de loi des religions, car lorsque la foi faiblit sous les attaques de la libre pensée, l'architecture demeure : lorsqu'au retour...
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