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A 15 Colloque intelligence de la complexité, épistémologie et pragmatique, CCICerisy, juin 2005 André DEMAILLY : Le labyrinthe des métaphores simoniennes de la conception Juin 2005

Le labyrinthe des métaphores simoniennes de la conception
DEMAILLY André andrel.demailly@wanadoo.fr Résumé :
Les métaphores occupent une place capitale dans la pensée de H.A. Simon. D’une part, il les met au cœurdes processus de rétroduction qu’il considère comme la voie royale de la connaissance (de préférence aux démarches inductive ou hypothético-déductive) : se représenter et modéliser ce qui est peu connu en se référant à ce qui l’est davantage. D’autre part, il fait de leur recherche et de leur évocation l’une des tâches essentielles de la mémoire. Parmi elles, celle du labyrinthe est sans doute laplus centrale. En s’inspirant d’elle pour retracer les cheminements métaphoriques de Simon, on reconstitue en fait l’évolution de ses idées quant aux sciences de conception, tant dans le domaine de l’artificiel que du naturel. Un premier groupe de métaphores a trait aux limites de la rationalité : l’environnement ne se donne et ne se découvre que peu à peu à tout individu, de même que celui-ci nedispose que de ressources cognitives limitées pour le traiter. Ce qui n’empêche pas cet individu de s’en tirer fort bien avec les moyens du bord. D’un côté, l’environnement se présente comme un labyrinthe (1956) que l’on parcourt en faisant des choix satisfaisants et non optimaux (en gardant parfois la nostalgie de ceux que l’on n’a pas opérés, le désir de savoir où ils auraient mené et l’envie deraconter des histoires sur leur issue, 1991). De l’autre, la complexité de nos comportements est plus le fait de la complexité de cet environnement que de nos processus cognitifs (métaphore du cheminement de la fourmi en fonction des courbes de niveau du terrain, 1969). Un deuxième groupe a trait à la mémoire. Celle-ci est présentée comme une vaste bibliothèque de connaissances acquises (parsoi-même) et apprises (d’autrui) et comme un double intérieur de l’environnement extérieur, que l’on peut parcourir à volonté (1969) à ceci près qu’elle échappe aux contraintes spatio-temporelles de ce dernier et constitue une sorte de tableau noir (1966) dont les traces peuvent être ré agencées. L’ordinateur reprend ces caractéristiques avec des langages de programmation (tel l’IPL) qui permettentd’agencer ces connaissances à la manière d’un collier dont on n’aurait pas à enfiler les perles une à une (1956). Un troisième groupe porte sur le caractère à la fois contingent et artificiel de notre environnement peuplé d’artefacts techniques, culturels ou organisationnels. S’il s’agit d’un environnement organisationnel, il est façonné (plus ou moins bien) par les intentions d’autrui que l’individudoit interpréter de son mieux pour agir au mieux. Ainsi, la performance théâtrale (1947) est fonction tant de l’interprétation de l’acteur que de la conception de la pièce. Les artefacts techniques l’illustrent encore mieux puisqu’ils sont constitués d’un environnement interne (1969) et matériel qui est à l’interface d’intentions humaines (qu’il réalise) et d’un environnement externe soumis auxlois de la nature. Un quatrième groupe a trait aux démêlés de Simon avec le courant néoclassique sur les thèmes de la rationalité et des marchés. Simon doit contrer Friedman qui place très tôt le débat sur le terrain du darwinisme, avec la séduisante métaphore des feuilles de l’arbre (1953) qui maximisent leur part de lumière : autrement dit, seules survivent celles qui ont maximisé cette part. Poursouligner que les marchés sont essentiellement myopes et ne peuvent en aucun cas sélectionner ceux qui ont maximisé leurs utilités, Simon lui répond par les métaphores du randonneur (1981) qui est sûr d’être parvenu au sommet d’une colline sans être jamais assuré qu’il s’agit de la plus élevée (maximum local contre maximum global) et du joueur d’échecs (1964) qui ne peut évoquer tous les...
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