Chanson ouverture portrait de l'artiste en jeune homme

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 9 (2046 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 3 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Portrait de l’artiste en jeune homme : Début (p.45) ; fin de la chanson (p.46)

En 1916 est publié Portrait de l'artiste en jeune homme (A Portrait of the Artist as a Young Man), œuvre de James Joyce qui est une réécriture presque complète de la nouvelle abandonnée Stephen le héros. Ce roman de formation prend une dimension réaliste grâce à la présence de l’autobiographique qui s’exprimedans le roman. Passage d’ouverture du livre, dans le chapitre 1 consacré à Clongowes Wood et à l’institution scolaire. Ce passage est assimilable à un incipit. Cet incipit a une double valeur, la première est l’exposition puisque c’est de le point de départ du roman chronologiquement. La deuxième valeur est celle d’une table des matières, la chanson est riche en références que l’on retrouveradéveloppées tout au long du roman.

Dans cette chanson apparaît trois éléments qui corroborent la thèse de ce passage comme une exposition, la forme de la contine, le vocabulaire hypocoristiques qui  infantilise cette entrée en matière et le côté autobiographique du roman. Le personnage pas encore nommé est l’alter ego de Joyce.
Si cette chanson est comparable à un incipit c’est tout d’abordparce qu’elle prend la forme du conte, « il était une fois , et c’était une très bonne fois, une meuh-meuh[…] », en version originale que l’on retrouve également dans Finnegans Wake: « Once upon a time a very good time it was there was a moocow[…]. Si Joyce choisit cette entrée en matière, c’est parce qu’il obéit à la tradition irlandaise puisqu’à cette époque avait lieu des festivals annuels duconte. Joyce lui-même a écrit un conte, Le Chat et le diable (The Car and the Devil). Cette référence expose donc le lieu de l’histoire de son héros, l’Irlande.
Dans un deuxième temps, c’est le vocabulaire utilisé qui est enfantin, cela nous indique l’âge du héros au début de l’œuvre. Joyce procède par l’utilisation d’hypocoristiques. Le premier élément de cette réflexion est ligne 2 :« meuh-meuh (moocow) » qui est courant en anglais. Ligne 4-5, on trouve un hypocoristique plus original : « bébé-cou-couche (baby-tuckoo) ». On peut aussi ajouter les nattes de sucre au citron (ligne 11) comme élément enfantin. La ligne 15 montre une approximation du langage qui est caractéristique d’un enfant. Il s’en suit l’aveu que le héros urine au lit ou a en tout cas uriné.
Le caractèreautobiographique de l’œuvre contribue également à l’exposition puisqu’elle met en place un parcours prédestiné qui contribue à l’instauration d’une chronologie. La première référence autobiographique se trouve ligne 5 : « C’était son père qui lui racontait cette histoire », or on sait d’après la note correspondante que dans une lettre, John Stanislaus, le père de James Joyce lui écrivait : « Je me demande si tute souviens des temps anciens, à Brighton Square, lorsque tu étais bébé-coucouche, et que je te conduisais dans le square, te racontant l’histoire de la meuh-meuh qui descendait de la montagne et emmenait les petits garçons ». Ces cinq premières lignes sont donc une reprise de ce que Joyce a lui-même vécu. Dans la ligne 10, Byrne fait référence à un de ses amis qui a servi de modèle pour Cranly.Le carnet de Trieste confirme que ce personnage fut conçu à l’image de J.F Byrne. Joyce le surnomma Cranly en mémoire d’un archevêque « blanc », c’est-à-dire carmélite (Byrne avait été élève des carmélites) de Dublin (1397-1417), dont on fêtait alors l’anniversaire. Une nurse de James Joyce avait également porté ce nom. L’oncle Charles a pour véritable identité le grand-oncle de James Joyce,William O’Connell, par lequel passait le lien de parenté avec « Le Libérateur », vint habiter chez les Joyce vers 1887. Il y séjourna six ans. Richard Ellmann considère qu’il servit de modèle pour cet « oncle Charles » de la fiction. Dans la foulée est évoquée Dante, dans Le Gardien de mon frère, Stanislaus Joyce apporte un témoignage intéressant sur celle qui servit de modèle pour le personnage...
tracking img