Chanson d'automne

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  • Publié le : 12 septembre 2010
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EXPLICATION DE TEXTE :

Chanson d’automne (Poèmes saturniens, Paysages tristes V)

Introduction :

Placé par sa nature tourmentée sous « l’influence de Saturne » et expliquant par là ses tristesses soudaines et ses angoisses, Verlaine fait de la poésie un mode de saisie symbolique du réel et la conçoit comme un refuge qui recrée pour lui, par la musique, un univers harmonieux etréconfortant. Pourtant cette dernière lui permet aussi d’extérioriser une tristesse anxieuse à laquelle il est souvent en proie.
Dans le poème Chanson d’automne, appartenant à la section des Paysages tristes, le poète, d’une part, en présentant l’automne comme une saison triste et morne et, d’autre part, en en faisant une chambre d’écho à ses états d’âme, se consacre à l’expression d’une consciencemalheureuse.
Ainsi, le poème, de quatre strophes (un sizain, deux tercets, et un nouveau sizain), où les choix de versification concourent à traduire l’état de langueur du poète (vers courts alternant pair et impair) présente une progression dans la fusion du poète et du cadre qui l’entoure. Après le constat d’une mélancolie liée à l’automne (premier sizain), c’est l’évocation d’une nostalgie douloureusequi se met en place pour finalement évoquer la finitude de l’être qui se délite dans ses souvenirs et sa peine.

Premier mouvement : vers 1 à 6 : le constat d’une mélancolie…

Avant même la lecture du poème, l’association des deux titres, celui du recueil, Paysages Tristes et celui du poème, Chanson d’automne, évoque d’emblée un chant élégiaque.
Et en effet, c’est un mot appartenant au champlexical de la douleur qui ouvre le poème. Accentué par l’adjectif « long », le nom « sanglots » participe à une métaphore, qui, suggérant la corrélation entre la morne saison et l’état d’âme du sujet lyrique, permet aussi de retarder l’apparition du poète. Cette apparition intervient après une forme de litanie poursuivie sur les trois premiers vers (allitération en [l], assonance en nasales) etmettant l’accent sur la mélancolie de la saison (association au violon, instrument pouvant connoter les musiques slaves, souvent mélancoliques).
C’est après le verbe « blessent », appartenant au champ lexical de la blessure physique cette fois, que le poète apparaît sous la forme d’une métonymie « mon cœur ». La litanie se poursuit avec ses assonances et allitérations sur les derniers vers de lapremière strophe en revenant, comme en boucle sur une plainte qui se poursuit indéfiniment et toujours sur le même ton. De plus, le choix opéré par Verlaine d’un vers court traduit une certaine lassitude.
Ainsi, l’automne, présenté comme une saison triste et morne, provoque la mélancolie du poète. Cette tonalité mélancolique et confidentielle du poème reflète peut-être l’état d’esprit danslequel Verlaine se trouvait lorsqu’il l’a composé : la mort de son père et celle de sa cousine avaient endeuillé très tôt son existence. Pourtant, on ne saurait identifier de façon certaine l’énonciateur à l’auteur dans la mesure où le « je » du texte demeure impersonnel, non explicitement associé à la personne de Verlaine.

Deuxième mouvement : vers 7 à 12 : …qui entraîne une forme de nostalgie…Dans la deuxième strophe, très brève, le champ lexical de la maladie domine avec « suffocant » et « blême ». Ces deux adjectifs associés au poète, dont l’apparition est encore une fois retardée par les sensations ressenties, ne peuvent qu’évoquer l’idée d’une situation insoutenable, qui ne peut être mise en suspens que par « l’heure ». En effet, cette expression « quand sonne l’heure », n’est passans évoquer une imminence, un paroxysme : la mélancolie ne trouverait son soulagement que dans la mort.
Cette mélancolie est bien liée, plus qu’à la saison même, aux réminiscences qui y sont rattachées. Il s’agit des « jours anciens » qui reviennent à la mémoire du poète, provoquant chez lui une douleur exprimée par les larmes. Soulignons la présence de la conjonction de coordination « et »...
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