Chant trad

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La chanson de tradition orale pour enfants en langues kanak (Nouvelle-Calédonie) : un principe musico-culturel actif, en renouvellement constant
Par Stéphanie Geneix-Rabault, dans La Revue -# 103 - Fil RSS
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Il ne s’agit pas dans cetarticle de momifier la tradition du chant enfantin, mais plutôt de fournir des éléments précis de réponse sur son fonctionnement et son évolution. Je chercherai donc à démontrer comment, en tant que phénomène musico-culturel actif, elle se perpétue, se transforme et se réactualise dans une société elle-même en pleine mutation.
Malgré l'irruption des Occidentaux dans son univers en 1774, cettecivilisation a pu conserver l'essentiel de la culture qui fonde sa vie sociale et sa pensée, tout en s’adaptant à la présence des Européens. Longtemps considérés comme des acteurs de formes culturelles révolues, comme « des spécimens sortis de la préhistoire », les Kanak ont affirmé leur identité, depuis le festival Melanesia 2000 en 1975 et l’émergence des mouvements indépendantistes. La musique, ladanse, l’art plastique et la littérature en sont l'expression privilégiée.
Aussi, même si les fonctions artistiques ont changé, ont évolué au gré des influences extérieures et des changements historiques et sociaux, les formes et leurs significations socioculturelles demeurent étroitement liées dans les œuvres plus contemporaines. Car la culture artistique locale n’est jamais totalement détruite,elle est seulement submergée et doit se réadapter à d’autres facteurs étrangers à la culture d’origine.
L’histoire spécifique de ce territoire confère donc aux expressions artistiques des caractéristiques propres, qui existent dans un espace aux frontières imprécises, où se rencontrent et s’enrichissent les différentes cultures en présence. Encore bien vivaces, elles conservent des spécificités etdes caractéristiques propres, qui combinent immuablement des apports du passé et du présent, tout en s’inscrivant dans une démarche contemporaine.
 
La présentation générale de la Nouvelle-Calédonie
La Nouvelle-Calédonie se situe dans la partie sud-ouest de l’océan Pacifique, à environ 1 500 kilomètres à l’est de l’Australie, et à 18 000 kilomètres de la France métropolitaine. Elle appartientà la Mélanésie, l’une des composantes géographiques de la région Pacifique, incluant la Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, le Vanuatu[1] et les îles Fidji. Cet archipel calédonien, d’une superficie totale des terres émergées de 19 200 km2, se compose de plusieurs îles ou îlots de superficie et/ou de configurations géologiques différentes et compte aujourd’hui 291 782 habitants[2].
Ce sont lesAustronésiens qui explorent l’Océan Pacifique et peuplent la Nouvelle-Calédonie en 1000 av. J.-C. Partis des archipels mélanésiens du Nord, ils s’installent sur le territoire calédonien, pour s’aventurer ensuite aux îles Fidji, puis en Polynésie occidentale. Par la suite, d’autres vagues migratoires de groupes plus ou moins importants viendront se joindre à ces premiers occupants et contribuer ainsià la formation de la population autochtone du territoire calédonien[3].
C’est le capitaine européen James Cook, qui, en débarquant en septembre 1774 à Balade au nord de la Grande Terre, lui attribue le nom de New Caledonia - en souvenir des rivages de son Écosse natale. Quelques explorations françaises s’effectuent ensuite à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, mais contrairement àl’histoire de la colonisation en Afrique, l’évangélisation précède l’administration en Nouvelle-Calédonie. Elle s’implante en trois phases successives : dès 1842 avec les évangélistes polynésiens, puis en 1843 avec les ministres britanniques de la London Missionary Society[4] (LMS), et enfin en 1844 avec les pères Maristes.
La présence des missions catholiques françaises conjuguée à un climat...
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