Chateaubriand

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  • Publié le : 30 décembre 2010
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la fin du XVIII-ème siècle, il était courant que des Européens en quête d'aventures et de découvertes s'embarquassent pour l'Amérique, contrée lointaine et fascinante. Et l'aventure commençait dès le début de la traversée, sur l'immense océan. Chateaubriand fut l'un de ces hommes las du vieux continent, et partit donc, lui aussi, plus à l'ouest. Plus tard, quelque trente ans après, dans son œuvreconnue aujourd'hui sous le nom de Mémoires d'Outre Tombe, il relata ce voyage aller, racontant, entre autres choses, l'événement que constituait la rencontre d'un autre vaisseau. Cet extrait, qui est donc la description d'une rencontre en mer, et par là de l'activité du vaisseau, a également une très large portée symbolique, reflétant à la fois l'amour de Chateaubriand pour la mer et saconception de la vie, de la mort.



bien



un brin lourd...

Cette anecdote procure donc, en premier lieu, une image, une vision de la vie sur un voilier au XVIIIème siècle.

Mais cette description nécessite d'abord celle du cadre, en l'occurrence l'océan, immense et infini. Chateaubriand lui fait une large place, s'étendant en une longue énumération sur tout ce que n'a pas la mer, àl'inverse de la terre. Les premiers mots sont "Sur ce chemin de l'océan"; ils montrent qu'aux yeux de l'auteur la mer est une voie de passage, une route, comme il le dit peu après. Et c'est à partir de cette métaphore qu'il peut écrire qu'on n'aperçoit le long de ce chemin "ni arbres, ni villes, ni tours, ni clochers, ni tombeaux", tout attributs des chemins terrestres. Cette énumération par lanégative, qui suit un ordre d'importance croissante -selon les critères humains usuels-, commençant par les plantes, puis les lieux d'habitation, petits, puis grands, puis les édifices voués à la défense, donc à la guerre, puis à la religion, et se terminant par l'évocation des splendeurs romaines, cette énumération donc, niant les causes de l'orgueil humain, désigne clairement la nudité de l'océan.mais sa beauté apparaît réellement dans la seconde partie de cette description grâce au lyrisme développé par l'auteur: la mer est "une route sans colonnes, sans pierres miliaires, qui n'a pour bornes que les vagues, pour relais que les vents, pour flambeaux que les astres". On retrouve là encore le même procédé, et l'évocation des splendeurs grecques -par les colonnes des temples-, et romaines,ainsi que le champ lexical du voyage par la route, auquel l'auteur substitue celui de la mer. Ces premiers mots donnent ainsi l'idée de ce que peut être la solitude sur l'océan, par opposition à la vie sur le continent.

C'est cette solitude qui explique l'effervescence provoquée par la rencontre d'un autre navire, qui donne à celle-ci le caractère d'un événement. Chateaubriand partage d'ailleurscet enthousiasme, écrivant que sur la mer "la plus belle des aventures […] est la rencontre de deux vaisseaux". Ainsi, après avoir longuement montré la nudité des lieux, il connaît la joie éprouvée à voir de nouveau une construction humaine. L'emploi du pronom personnel "on" montre que chacun des hommes présents sur le bateau prend part à l'action, à l'émotion. On remarque une progression dans lesgestes de chacun: "on se découvre [d'abord] mutuellement[…], on se dirige les uns vers les autres". Puis "les équipages et les passagers s'empressent[…], les deux bâtiments s'approchent" et s'arrêtent l'un près de l'autre. Outre cette précision apportée par l'auteur aux mouvements de ces hommes et de ces vaisseaux, on remarque que l'affairement est général, tant chez les matelots que chez lesvoyageurs, et tant sur un bateau que sur l'autre: cette rencontre est bien un événement pour tous. L'importance des détails fournis corroborent cette impression, donnant même à la scène un caractère d'aventure. Enfin, "quand tout est silence", les capitaines prennent la parole. Ce silence total qui règne sur les deux navires témoigne également de la grandeur du moment, de sa rareté: tous se...
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