Chocolat

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  • Publié le : 28 décembre 2011
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La multinationale, qui inaugure lundi matin en Gruyère son nouveau Centre d'excellence du chocolat, s'en sort plutôt bien malgré la récession économique. Et pas seulement grâce aux sucreries.

Le chocolat, chez Nestlé, c'est une affaire qui marche. Avec la confiserie, il pèse 11,3% du chiffre d'affaires. Il est moins rentable que les boissons, mais autant que les produits laitiers frais.

«Lamarque Nestlé est intrinsèquement liée à cette activité, note d'ailleurs René Weber, analyste à la banque Vontobel. C'est pourquoi je ne crois pas aux rumeurs qui verraient le groupe vendre».

Cette hypothèse, qui laisse l'analyste de marbre, résulte du mouvement de consolidation intervenu ces dernières années dans la confiserie. Avec les fusions Cadbury-Adams et Mars-Wrigley, la multinationalesuisse se retrouve nez à nez avec deux géants plus forts qu'elle sur le plan de la distribution des sucreries.

Pour sa part, Christophe Laborde constate que le chocolat «est une activité qui ne subit pas le marasme économique». Selon cet analyste à la banque Bordier, l'investissement consenti en Gruyère prend tout son sens en observant la tendance actuelle du secteur. Les chocolatierscherchent à maîtriser l'ensemble de la chaîne de production, de la RetD au produit final, en passant par la matière première.

Cette stratégie revient à maîtriser la chaîne de coûts et les marges, influencées par les fournisseurs, les fabricants et les sous-traitants. «Cela permet aux chocolatiers de lisser quelque peu la fluctuation de la matière de base – le cacao – dont les prix restent d'ailleurs àdes niveaux historiquement très élevés», précise Christophe Laborde.

Investissements massifs
Patrie du chocolat, la Suisse peut s'en réjouir. D'autant que la transnationale lui reste fidèle, avec des investissements massifs ces derniers temps. 300 millions de francs pour une nouvelle usine Nespresso à Avenches, par exemple.

Au début de l'été, le magazine L'Hebdo a fait la calcul: Nestlé ainvesti 2,5 milliards de francs et créé 2300 nouveaux emplois en Suisse (plus de 9000 au total) ces dix dernières années. Le cinquième de l'investissement en recherche est canalisé sur la Suisse, qui ne pèse guère que 2% du marché du groupe.

«Pour des produits à forte valeur ajoutée comme Nespresso et pour les activités de RetD, la Suisse est une bonne localisation, explique René Weber.Notamment pour sa qualité de vie et ses conditions de travail, qui permettent d'attirer de bons professionnels.»

Ce penchant suisse ne doit pas cacher une autre vérité: Nestlé est un groupe global, autant par l'origine de ses propriétaires que par ses marchés. Cette diversité géographique l'a rendu moins sensible à la crise actuelle, estime René Weber. La croissance en Asie a pu compenser la décrue enEspagne, par exemple. Malgré tout, ventes et bénéfice ont légèrement régressé sur les six premiers mois de l'année. Et la cible de croissance a été revue à la baisse.

La qualité des marques
La résistance du groupe à la crise a d'autres explications. La solidité traditionnelle de son secteur d'activité en temps de récession et la qualité de ses marques, bien positionnées sur les marchés en fontpartie. Tout comme les efforts de réduction des coûts et la stratégie de croissance longue (concentration sur les métiers de base, recherche de gains de productivité à l'intérieur du groupe). La baisse du prix du lait a également bien aidé Nestlé.

«Une entreprise n'est pas obligée de répercuter totalement cette baisse des coûts sur le client final, détaille Christophe Laborde. Elle peutconserver des prix relativement corrects, en maintenant un rentabilité intéressante, et réutiliser la manne restante pour stimuler ses ventes avec des activités de promotion accrues.» Ce qu'a entrepris Nestlé.

Reste qu'avec la crise, la baisse du niveau général des prix est de nature à peser sur la rentabilité du groupe ces prochains mois, craint l'analyste, qui voit toutefois chiffre d'affaires et...
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