Chomage

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Le Figaro, 13 mars 1997

Le chômage des jeunes
Ce n'est pas un problème de formation mais de politique macroéconomique et de coût du travail peu qualifié.

Le chômage touche particulièrement, et de façon croissante, la partie la plus jeune de la population, et plus encore ceux des jeunes qui sont les moins qualifiés. Ce simple constat suffit à montrer que les formations prodiguées par lesécoles et les universités ne sont pas si mauvaises qu'on le dit puisque ceux qui en sortent trouvent plus facilement un emploi que ceux qui, pour une raison ou une autre, n'en ont pas bénéficié. La tentation est cependant grande, et peu y résistent, d'en déduire que si les écoles et universités formaient et diplômaient également les jeunes actuellement les moins qualifiés on pourrait du même couprésoudre leurs difficultés d'insertion professionnelle. L'idée revient périodiquement sur le devant de la scène politique : le chômage des jeunes serait dû au dysfonctionnement de l'éducation nationale. Améliorons la formation et le chômage sera vaincu.

Cette vision du problème est simple et séduisante, mais malheureusement illusoire. Pour le comprendre il faut analyser ce que sont les sourcesprincipales du chômage des jeunes. Il résulte en premier lieu de la conjoncture et du rythme de croissance de l'économie. L'évolution du chômage des jeunes suit ainsi celle du chômage général des adultes. Le ralentissement de la croissance française depuis la fin des années 80 explique en bonne partie l'acuité actuelle du problème. Ce ralentissement s'explique à son tour par la politique monétaire etbudgétaire restrictive que nous impose le projet de réalisation de la monnaie unique. Une reprise de la croissance pourrait réduire sensiblement l'importance du phénomène.

Coût et productivité

Mais au delà de la politique macro-économique, le principal coupable est à rechercher du coté du coût du travail. Cela vaut aussi pour les adultes. Toute hausse du prix du travail, pour unedistribution donnée des compétences et des productivités dans la population active, conduit les entreprises à réduire leurs offres d'emploi. Mais les employeurs vont commencer, tout naturellement, par diminuer leur demande du travail le moins qualifié, celui dont la productivité pour l'entreprise est la plus faible. Or, par définition, les jeunes n'ont guère d'expérience professionnelle; donc une compétencemoindre, à diplôme égal, que des salariés déjà expérimentés. Et, toujours par définition, les jeunes non diplômés n'ont qu'un degré moindre de qualification et sont donc les victimes toutes désignées de la réduction de la demande de travail émanant des entreprises.

Or le coût du travail, non pas dans l'absolu mais relativement à sa productivité, c'est-à-dire par rapport aux compétences, estspécialement élevé pour les travailleurs les moins qualifiés. En effet, contrairement à ce qui se passe pour l'ensemble des salariés qui négocient leurs salaires de

façon contractuelle, en fonction des conditions de marché, le salaire des moins qualifiés est réglementé : il ne peut tomber en dessous du SMIC, fixé à l'évidence au-dessus du niveau qui s'établirait spontanément sur le marché. Or,même si le SMIC n'est pas lui-même très élevé, il constitue la base incompressible à laquelle viennent s'ajouter les cotisations sociales.

Répercussions nocives

Pour les catégories de salaires plus élevées, une augmentation des cotisations sociales va se répercuter principalement en une baisse du salaire net et accessoirement seulement en une hausse du salaire brut. Mais pour les smicards ellene peut se traduire, par définition puisque le SMIC constitue un plancher légal, que par une augmentation du salaire brut, c'est-à-dire du coût du travail pour l'entreprise. Ce qui pénalise directement et intégralement l'emploi des travailleurs les moins qualifiés. Et comme les cotisations sociales ne cessent d'augmenter, ces catégories sont de plus en plus largement exclues du marché du...
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