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  • Publié le : 5 avril 2011
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Epreuve de Littérature (série L)

OBJET D’ETUDE : LE ROMAN ET SES PERSONNAGES

Durée : 4 heures

CORPUS DE DOCUMENTS

A – Emile Zola, extrait de Germinal Partie V, chapitre5 (1885)
B - Stendhal, extrait du Rouge et le Noir Partie II, chapitre 41 (1830)
C – Edmond et Jules de Goncourt, extrait de la préface de Germinie Lacerteux (1865)

TRAVAUX D’ECRITURE

I) Vous répondrezd’abord à la question suivante (4 points) :

En quoi les deux extraits de romans (documents A et B) répondent-ils à la définition de la vocation du roman que présentent les frères Goncourt (document C)?
Vous présenterez à cette question une réponse synthétique et bien construite, justifiée par des citations des textes, qui n'excédera pas une vingtaine de lignes.

II) Vous traiterez ensuite l’unde ces sujets (16 points) :

Sujet 1 : Commentaire

Vous ferez le commentaire du discours de Julien devant les jurés, extrait du Rouge et le Noir de Stendhal (document B)

Sujet 2 : Dissertation

Dans son Essai sur le Roman, Michel Butor écrit "Le roman (...) raconte, par l'intermédiaire d'aventures individuelles, le mouvement de toute une société."
En vous appuyant sur les textes ducorpus, sur le roman que vous avez étudié cette année, ainsi que sur votre culture personnelle, vous direz si vous partagez cette opinion.

Sujet 3 : Invention

Réécrivez la scène décrite par Emile Zola (document A) en adoptant le point de vue interne d'un des émeutiers, un jeune mineur gréviste. Vous ne changerez pas de narrateur, et vous vous efforcerez de conserver la façon d'écrire de Zola.Aucun document n’est autorisé

 

Document A :

Germinal raconte l’histoire d’une grande grève dans les mines de charbon du Nord. Enragés par deux mois de grève et de privations, les mineurs en viennent à saccager les installations minières. Depuis une grange où ils se sont réfugiés, terrorisés, des bourgeois, parmi lesquels Mme Hennebeau, l’épouse du directeur de la mine, regardentpasser les émeutiers.

Les femmes avaient paru, près d'un millier de femmes, aux cheveux épars, dépeignés par la course, aux guenilles montrant la peau nue, des nudités de femelles lasses d'enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les bras, le soulevaient, l'agitaient, ainsi qu'un drapeau de deuil et de vengeance. D'autres, plus jeunes, avec des gorges gonflées deguerrières, brandissaient des bâtons ; tandis que les vieilles, affreuses, hurlaient si fort, que les cordes de leurs cous décharnés semblaient se rompre. Et les hommes déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots[1], des haveurs[2], des raccommodeurs[3], une masse compacte qui roulait d'un seul bloc, serrée, confondues, au point qu'on ne distinguait ni les culottes déteintes, ni lestricots de laine en loques, effacés dans la même uniformité terreuse. Les yeux brûlaient, on voyait seulement les trous des bouches noires, chantant La Marseillaise, dont les strophes se perdaient en un mugissement confus, accompagné par le claquement des sabots sur la terre dure. Au-dessus des têtes, parmi le hérissement des barres de fer, une hache passa, portée toute droite ; et cette hache unique,qui était comme l'étendard de la bande, avait, dans le ciel clair, le profil aigu d'un couperet de guillotine.

« Quels visages atroces ! » balbutia Mme Hennebeau.

Négrel [4] dit entre ses dents :

« Le diable m'emporte si j'en reconnais un seul ! D'où sortent-ils donc, ces bandits-là ? »

Et, en effet, la colère, la faim, ces deux mois de souffrance et cettedébandade enragée au travers des fosses avaient allongé en mâchoires de bêtes fauves les faces placides des houilleurs de Montsou. A ce moment, le soleil se couchait, les derniers rayons, d'un pourpre sombre, ensanglantaient la plaine. Alors, la route sembla charrier du sang, les femmes, les hommes continuaient à galoper, saignants comme des bouchers en pleine tuerie.

« Oh ! superbe ! »...
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