Chpitre de la guerre candide

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  • Publié le : 1 mai 2010
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Correction du commentaire de la composition Chapitre 3 de Candide
Introduction :
Après son expulsion du « paradis », le premier malheur de Candide, ayant été de se faire enrôler de force, il semblait inévitable qu’il ait à expérimenter la guerre. C’est pour Voltaire l’occasion de concilier les impératifs logiques du conte (une succession d’épisodes auxquels est mêlé le jeune héros) et lesobjectifs philosophiques (montrer que rien n’est « pour le mieux »). Le chapitre III fait donc de Candide le « héros » malgré lui d’un épisode de la guerre entre les Abares et les Bulgares. Ce choix permet à Voltaire, à travers une double vision, faussement élogieuse d’abord, puis réaliste, de dénoncer une pratique qu’il a déjà violemment stigmatisée dans Micromégas et qu’il dénoncera encore dans sonDictionnaire philosophique. La dénonciation se fait essentiellement à travers deux procédés : le spectacle des armées rangées, puis en action est l’occasion d’un tableau esthétique où la violence se trouve valorisée également par un curieux effet de comptabilité arithmétique. Ensuite, l’envers du tableau donne la réalité de la guerre et le sort des populations civiles : de l’ordre et del’esthétique, on passe au désordre et à l’horreur. En quoi cette critique de la guerre est particulièrement efficace ? .

I)La guerre vue comme la mise en scène d’un spectacle
Le texte s’ouvre sur une vision esthétique, celle des armées rangées en ligne de bataille. L’accent est mis sur l’aspect héroïque et sur une vision « philosophique » qui permet la justification de la « boucherie ».
a)L’aspect esthétique :
– Les termes valorisants : quatre adjectifs élogieux intensifiés par « si » (l.1), allant de la beauté à l’ordre, en passant par l’élégance et la lumière. Il s’agit d’un véritable spectacle, d’un tableau.
– L’insistance sur l‘harmonie : énumération de quatre instruments de musique (l.2-3), utilisation du terme « harmonie ». Il s’agit ici d’un véritableconcert.
b) Un massacre justifié :
– Moralement et socialement : le choix du terme « coquins » (l.7) et du verbe « infectaient » présente les victimes comme des « mauvais » dont la disparition est une bonne chose.
– Philosophiquement : l’expression « la raison suffisante » (l.8) qui appartient au vocabulaire de Pangloss, fait entrer la guerre dans un système où l’on retrouveles causes et les effets. Cela peut suffire pour que la mort trouve aussitôt sa justification.
c) Une logique comptable : énumération de chiffres s’intégrant peu à peu dans un total donné à la fin (l.9), sans aucune émotion particulière (« six mille hommes de chaque côté », « dix mille », « quelques milliers » => « une trentaine de mille âmes »). Tout se passe comme si l’importance deschiffres pouvait à elle seule souligner un succès, une victoire et valoriser ainsi la guerre à travers des communiqués triomphants faisant état du plus grand nombre de morts possible.

II) IMAGES DE LA « BOUCHERIE » et l’efficacité de la dénonciation

L’éloignement volontaire du glorieux champ de bataille conduit Candide à l’arrière, où il découvre les effets de la «boucherie héroïque » sur les populations civiles. La dénonciation prend la forme d’une vision réaliste de l’horreur.

a) L’innocence des victimes :

Ceux sur lesquels on s’est acharnés sont les plus fragiles ; ce ne sont pas les hommes en pleine santé mais, dans l’ordre, les « vieillards », les « femmes », les « enfants » et les jeunes « filles ». On peut noter qu’ensuite les corps enmorceaux retombent dans l’anonymat.

b) La violence et l’horreur de la guerre :

– Le champ lexical de la violence est très étendu et diversifié, il englobe les actions meurtrières et leur résultat, sous une forme répétitive et réaliste : « morts », « mourants » (l.15), « brûlé », « criblés », « égorgés », « éventrées », « à demi brûlées » (on note l’assonance en « é » qui...
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