Ciceron, de oratore

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  • Publié le : 21 novembre 2010
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Pour parler un bon latin, il faut veiller non seulement à ce que personne ne puisse critiquer à juste titre les paroles que nous produisons, et à ce que nousrespections les cas, le temps, le genre et le nombre, pour que rien ne soit bouleversé, ni discordant ou intervertit ; mais nous veillons aussi à ce que soientmodérés la langue, le souffle et le son de la voix.
Je ne veux pas que l'orateur détache les lettres avec trop d'affectation, je ne veux pas qu'il lesprononce confusément ; je ne veux pas que les mots sortent prononcés faiblement, je ne veux pas non plus qu'ils soient exhalés trop gravement ou enflés.
Il est eneffet des vices certains que tout le monde désire fuir, éviter : une voix molle ou efféminée, ou presque trop éloignée du son attendu, dissonante.
Or il estun certain défaut que quelques uns poursuivent de propos délibérés : une voix rauque et simple charme certains, d'autant plus que leurs discours semblentdétenir plus d'ancienneté s'ils résonnent ainsi ; comme par exemple ton compagnon L. Cotta me semble se complaire dans la lourdeur de la langue et le son rauque de lavoix, et il pense que ce qu'il dit sera antique s'il est rustique.
Ton timbre me plaît et ta subtilité même ; je te laisse de côté la grâce du style, bienque ce soit le plus important, mais cela c'est une formation méthodique qui l'apporte, c'est la culture qui l'enseigne, et l'habitude de lire et de parler leconfirme ; mais je parle de cette douceur, de ce charme qui sort de la bouche qui est propre à cette ville dans le discours latin de même que chez les grecs.
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