Classicisme

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  • Publié le : 15 avril 2010
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Histoire littéraire : LE CLASSICISME

Le mot « classicisme » apparaît pour la première fois en France vers 1830, par opposition à « romantisme » et donc plus d’un siècle après la mort des grands écrivains de ce mouvement littéraire : Corneille, Molière, Racine, La Fontaine, La Rochefoucauld, Pascal, La Bruyère. Auparavant, seul existe l’adjectif « classique », terme laudatif que l’onapplique à des écrivains jugés dignes d’être proposés aux élèves (dans les « classes »).

I) Repères historiques et littéraires.

Apogée du classicisme : entre 1660 et 1685, c’est à dire entre la majorité de Louis XIV (début du règne) et la Révocation de l’édit de Nantes (répression des protestants).

Avant 1660 : sous la Régence : la Fronde des Princes (révolte des derniers féodaux contre lepouvoir centralisateur qui émerge et réduit leur influence)
Du point de vue de l’histoire littéraire, le début du XVII° siècle est une période troublée qui voit s’épanouir le mouvement Baroque.

II) Le contexte socio-culturel.

La bourgeoisie profite de la mise à mal de la haute aristocratie par le roi et constitue, avec lui et avec des aristocrates de moindre rang, le public privilégié desauteurs classiques. (La protection du roi permet à Molière de faire jouer Tartuffe en dépit de la cabale des dévôts. )
Bourgeoisie et aristocratie ont la même culture gréco-latine de base, modelée par l’enseignement des ordres religieux comme celui des Jésuites ou des Oratoriens, d’où ce phénomène exceptionnel et caractéristique de la France : deux classes très différentes sur le plan social, sereconnaissent dans les mêmes œuvres littéraires et artistiques.
Pratiquement exclues de cet enseignement, mis à part quelques personnalités d’exception comme Mlle de Scudéry : les femmes, qui créeront le courant de la Préciosité et contesteront, entre autres, les références trop érudites aux écrivains grecs et latins.

III) L’esprit du Classicisme

1.L’imitation des Anciens, c’est à diredes auteurs grecs et latins.

Comme les écrivains de la Renaissance, les classiques se donnent pour modèle les auteurs grecs et latins.
L’originalité que recherche l’écrivain classique consiste à se démarquer du modèle bien connu des lecteurs (cf. le personnage de L’homme et son image de La Fontaine) . Imiter, n’est pas simplement plagier mais s’inspirer d’un auteur connu pour rivaliser aveclui.

Exemples :
Poésie.
La Fontaine tire beaucoup de ses fables des recueils d’Esope (auteur grec connu au V°s avant J.C) ou de Phèdre (auteur latin du I°s. après J.C).
Théâtre.
Phèdre, tragédie de Racine est la troisième version d’un mythe déjà utilisé par Euripide (dramaturge grec du V° siècle) puis par Sénèque (auteur latin du I°s ap. J.C). Racine s’inspire aussid’Euripide pour sa tragédie Andromaque.
Pour Les Fourberies de Scapin la source de Molière est Térence (auteur comique latin) , pour L’Avare, il s’agit de Plaute (idem).

2.Le souci de l’ordre rationnel et de la perfection

L’esthétique classique se définit en architecture par le souci de l’ordre, de la proportion, de la symétrie dont le château de Versailles est un exemple. C’estl’antithèse de l’architecture baroque qui privilégie l’exubérance, le mouvement, la ligne courbe.
Dans le domaine littéraire, c’est le souci de clarté qui prévaut : Cf. Boileau ( Art poétique) « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ».
L’écrivain classique aspire à la perfection du style (La Bruyère Les caractères : « C’est un métier que de faire un livre. ») et à la concision : LaRochefoucauld  écrit un livre de Maximes, La Fontaine écrit des fables, qui sont des formes courtes.

3.Les œuvres d’art doivent à la fois plaire et instruire le public.

Le public et l’idéal de l’honnête homme.

D’un public bien réel (voir ci-dessus) naît l’idéal moral et social de « l’honnête homme » : chez lui « la parfaite raison fuit toute extrémité » (Molière), c’est un homme qui a le...
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