Cocteau

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André Durand présente

Jean COCTEAU

(France)

(1889-1963)

[pic]

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
qui sont résumées et commentées
(surtout ‘’Les enfants terribles’’, ‘’La machine infernale’’,
‘’Les parents terribles’’ et ‘’L’aigle à deux têtes’’).

Bonne lecture !

Le 5 juillet 1889, il est né Place Sully, à Maisons-Laffitte, la mêmeannée que Charlie Chaplin et que la tour Eiffel, dans une famille de la haute bourgeoisie fortunée : sa mère, Eugénie, appartenait à une famille parisienne d'agents de change, et son père, Georges, fut avocat puis rentier. Comme il était nerveux, extrêmement sensible, qu’il tombait souvent malade, sa mère le couva et fit de lui un enfant-roi. Pour des raisons mal élucidées, son père se suicidad’une balle dans la tête, alors qu’il n'avait que neuf ans. Avec sa sœur aînée, Marthe, et son petit frère, Paul, il passa sa prime enfance soit à Maisons-Laffitte, soit à Paris, dans un hôtel particulier ; aussi disait-il : «Je suis né parisien, je parle parisien, je prononce parisien» (“Portraits-Souvenir”). Son grand-père, amateur éclairé, l'éveilla à la musique ; son père, qui dessinait etpeignait volontiers, lui avait transmis ses dons picturaux ; sa mère l'emmena très tôt au théâtre, où il contracta ce que, dans “La difficulté d'être“, il appela «le mal rouge et or», par allusion au rideau traditionnel en velours rouge et à frange d’or qu’il avait vu se lever lorsqu’il assista à une première représentation au Châtelet du ‘’Tour du monde en quatre-vingts jours’’. Dans sa chambre, ilimprovisait des spectacles où il réinventait le monde. Doté de dons multiples et complémentaires, il pratiqua l’écriture et le dessin qui, pour lui, sont indissociables : «Écrire, pour moi, c’est dessiner, nouer des lignes de telle sorte qu’elles se fassent écriture, ou les dénouer de telle sorte que l’écriture devienne dessin» - «Somme toute, je cerne les fantômes, je trouve les contours du vide, jedessine»).
Il fut pourtant, au lycée Condorcet, un «mauvais élève» qui avait du mal à se discipliner, qui échoua quatre fois au baccalauréat et qu’on renvoya pour indiscipline en 1904, et qui n’en garda qu'un souvenir marquant, celui de la révélation de la beauté masculine, en la personne d'un condisciple, Dargelos :
«Ces coups de poing durs des boules de neige,
Que donne la beauté vite aucœur en passant.»
(“Le camarade”).
S'il eut une brève liaison avec la comédiennne Madeleine Carlier, dont on trouve trace dans “Le grand écart”, ce fut l'époque où il découvrit son homosexualité.
Lasse de voir son fils perdre son temps en futilités scolaires, sa mère accepta de la soutenirquand, à sa majorité, il lui annonça son désir de devenir écrivain. Étonnant par la maîtrise et la fulgurance de ses vers où, grand admirateur de Rimbaud et de Mallarmé, il maniait le verbe symboliste avec délicatesse et circonspection, il eut des débuts littéraires, qualifiés plus tard de «graves erreurs de jeunesse», qui le firent connaître rapidement, lui attirèrent un succès mondain. Présenté dès1908 comme un jeune prodige par le comédien Édouard de Max et par Laurent Tailhade, lors d'une audition de ses poèmes au Théâtre Femina, multipliant apparitions et prestations poétiques, devenu la coqueluche de salons (en particulier celui de la comtesse Adhéaume de Chevigné) où il était réputé pour avoir la conversation la plus spirituelle de Paris, il jouit d'abord en «prince frivole» de sestriomphes auprès des comédiens, des femmes du monde, des artistes et des écrivains en vue : Sarah Bernhardt, Mistinguett, Anna de Noailles, le portraitiste Lucien Daudet, Rostand, Martin du Gard, Proust (dont il fut le confident, qu’il força, par sa compassion, à terminer son oeuvre, même s’il ne se rendit pas compte alors de sa valeur). À l’âge de vingt ans, le jeune dandy, qui avait affiché sur...
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