Codage nerveux

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Rev. E.E.G. Neurophysiol., 1976, 6, 4, 453-472.

Le codage nerveux des commandes motrices *
Jacques PAILLARD
Institut de Neurophysiologie et Psychophysiologie, C.N.R.S., INP 4, 13274 Marseille Cedex 2. Les difficultés que rencontre, pour son extension aux sciences du système nerveux et aux phénomènes biologiques en général, le formalisme qui découle de la Théorie de l'information sontaujourd'hui bien reconnues (FESSARD, 1969 b ; ATLAN, 1972). Parmi ces difficultés, celle qui consiste à identifier un code nerveux, sans la connaissance duquel il serait illusoire de prétendre parler d'information, apparaît primordiale. L'ampleur de nos incertitudes en matière de codage nerveux reste considérable. L'identification des symboles mêmes de ce code continue d'être en question (PERKEL etBULLOCK, 1960) et nous sommes le plus souvent incapables de reconnaître parmi ces éléments identifiables lesquels jouent un rôle, le moment où ils jouent ce rôle et le niveau de la structure où ils interviennent. Parmi tous les états discernables que les instruments d'observation du neurophysiologiste permettent d'identifier dans l'organisation spatiale des structures dans les signes électriques deleurs activités, dans l'organisation temporelle des signaux, nous ne savons pas toujours faire la part respective de ce qui est effectivement discerné par le système nerveux en action, de ce qui constitue le signal utile et de ce qui constitue le bruit de fond (FESSARD, 1969 a). Nous restons enfin le plus souvent ignorants du contenu « sémantique » du message transmis et du siège de l'opération de «lecture » qui explicite ce contenu. On peut, en première approximation, assimiler le système nerveux central à un « canal de communication » avec ses entrées sensorielles (encodage des informations afférentes), ses sorties motrices (programmation des ordres destinés aux organes efférents) et ses opérations centrales de transfert. C'est à ces trois niveaux de traitement de l'information quel'observateur des activités nerveuses peut appliquer ses instruments de déchiffrage du « code nerveux » et qu'il peut tenter de rapprocher le code nerveux du « codage physique » de la réalité extérieure que lui fournissent ses instruments de mesure et de description de cette réalité. L'analyse du premier niveau, celui de l'encodage nerveux des caractéristiques du stimulus physique est de loin celui qui ale plus retenu l'attention du fait de sa relative facilité d'accès. La comparaison du code physique et du code neurophysiologique permet ici de préciser les caractères des stimulus qui sont préservés au cours du transcodage et ce qui, au moins théoriquement, peut être considéré comme une information traduite dans le langage interne du système nerveux de communication. On connaît les réussites dece mode d'approche, notamment dans les domaines de la vision et de l'audition et, tout récemment, de l'olfaction. Mais ceci ne permet de préjuger ni de la signification qui sera conférée à ce message codé dans les opérations centrales de lecture ni même, à la limite, de sa prise en considération effective. Sans envisager les processus complexes de transcodage intéressant le niveau des opérationscentrales, à l'analyse desquels des efforts considérables sont consacrés, on s'étonnera, par contre, du peu de travaux consacrés aux problèmes de transcodage intéressant le niveau des sorties motrices du système. A première vue, l'observateur du système nerveux ne paraît pas plus démuni pour une recherche des principes du codage ______________________
* Manuscrit remis le 28 juillet 1975.Définitivement accepté le 30 mars 1976. Rapport présenté à la Réunion de la Société d'EEG et de Neurophysiologie clinique de LF in Problèmes méthodologiques de l'Étude du Système nerveux, 3-4 décembre 1974 Tirés à part : J. PAILLARD (à l'adresse ci-dessus).

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SOCIÉTÉ D'E.E.G. ET DE NEUROPHYSIOLOGIE CLINIQUE DE LANGUE FRANÇAISE

nerveux dans le compartiment « sortie » du canal de communication...
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