Comment expliquer que les formes de déliquance diffèrent d'un groupe social à l'autre

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  • Publié le : 23 avril 2011
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1.3 – MARCHE ET SOCIETE
1. Les hommes ont échangé à toutes les époques. Cela signifie-t-il que l'économie de marché ait toujours existé, en tout lieu et en tout temps, comme le pensent les libéraux ? Autrement dit, le marché est-il un principe de fonctionnement universel et naturel ? Les échanges marchands sont-ils les seuls types d’échange possibles ? L’intérêt est-il le seul moteur desactivités humaines ? 2. Le marché est souvent opposé à l’Etat. Les libéraux considèrent que le bon fonctionnement du marché implique l’absence d’intervention de l’Etat dans l’économie. Qui est à l’origine de la création d’un marché ? Qui fixe les règles de son fonctionnement ? Quel est le rôle de l’Etat dans le bon fonctionnement du marché ? L’Etat ne doit-il pas compenser les défaillances du marché ? 3.Les relations humaines ne sont pas seulement économiques. Elles sont aussi sociales (familiales, amicales,…). Ces relations sociales sont-elles solubles dans le marché ? En d’autres termes, le marché est-il le seul principe d'organisation économique possible pour une société ? Son extension est-elle infinie ? L’économie de marché peut-elle déboucher sur une « société de marché » ?

A – LACONSTRUCTION HISTORIQUE ET SOCIALE DU MARCHÉ
a) – Le marché est un ordre naturel selon les libéraux 1. Pour l’économiste « classique » et libéral Adam Smith, les hommes sont incités « naturellement » à échanger pour deux raisons :  Le marché les a conduit à se spécialiser et cette division du travail les rend interdépendants. Ils sont donc condamnés à échanger leur production ; Ce qui permet ladivision du travail, c’est donc l’échange. Les hommes se répartissent les tâches pour survivre, puis s’échangent les fruits de leur travail. Plus les échanges s’accroissent, plus les hommes sont à même de se consacrer à une tâche particulière et d’espérer des autres la satisfaction de leurs autres besoins. En poursuivant des buts égoïstes dans l’échange, les hommes s’enrichissent mutuellement (phénomènede la « main invisible »). Selon Smith, les « lois » du marché, associées au caractère égoïste des agents économiques, conduiraient à un résultat inattendu : l’harmonie sociale. La confrontation des intérêts individuels mène naturellement à la concurrence, et cette dernière amène les individus à produire ce dont la société a besoin. En effet la forte demande provoque l’envolée des prix, cettedernière amène donc naturellement les producteurs avides de profits à produire le bien recherché. Le marché est autorégulateur. En conséquence, l'Etat n'a pas à intervenir dans l'économie. Il doit se limiter à son rôle d'« Etat-Gendarme » (l'armée, la police, la justice) auquel Smith ajoute la prise en charge des infrastructures non rentables. L'Etat doit, en particulier) défendre le droit depropriété indispensable aux échanges et le droit d'échanger librement. Selon Smith, le marché ne peut pas prendre en charge toutes les activités économiques, car certaines ne sont rentables pour aucune entreprise, et pourtant elles profitent largement à la société dans son ensemble. Ces activités doivent alors être prises en charge par l’État.





b) – Le marché n'est pas universellement institué2. Il est vrai que, de tout temps et dans toutes les sociétés, les hommes ont échangé. Mais ces échanges n'obéissent pas tous aux lois d'une « économie de marché ». Il est donc nécessaire d'établir quelques distinctions :  Tout d’abord, il ne faut pas confondre « échange et « échange marchand ». Un certain nombre de sociétés réalisent des échanges « non marchands » de biens et de services,symboliques plus qu’utilitaires, sous la forme de « dons et de contre-dons » (la kula mélanésienne, le potlatch des Kwakiutl...). Les sociétés archaïques, par exemple, ne reposent pas sur l'échange marchand, mais sur quelque chose de beaucoup plus complexe, qu'il appelle la triple obligation : donner, recevoir, rendre. Parce que tout don oblige, le don est un puissant opérateur social. Le don en...
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