Commentaire amphytrion 38

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  • Publié le : 16 avril 2011
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Amphitryon 38 est une pièce de théâtre en trois actes de Jean
Giraudoux (1929), appelée ainsi parce qu'il existait déjà 37
versions antérieures. C'est une version à la fois moderne et
comique où le vocabulaire fin et soutenu est mêlé au vocabulaire
courant et actuel. Cette scène reprend le thème de la séduction d'
Alcmène, épouse d'Amphitryon, par Jupiter, qui a pris les traits
de son maridans un but bien précis, cet extrait étant fondé sur un
quiproquo. Le commentaire s’attachera à exprimer les trois
«lieux communs» comiques et mythologiques exploités par
Giraudoux.
[En premier lieu, il s'agira de montrer comment l'auteur exploite
une scène typique de deux amants: celle du dialogue suivant la
nuit d’amour, consacré à l’échange des «impressions» sur la nuit
passée.][Jupiter ouvre le dialogue de la scène avec «Quelle nuit divine!»:
Le maître des dieux utilise une épithète digne de son rang et est
naturellement persuadé que ce «sentiment» est réciproque. Son
exclamation montre qu’il cherche à révéler à Alcmène qui il est,
et veut ainsi comme la préparer à cette révélation , le mot «divin»
étant utilisé pour la mettre sur la voie. Jupiter veut également luisouffler le mot qu'il s'attendait à lui entendre dire spontanément
en se réveillant, mais là, la désillusion est brutale. Le
comportement et la teneur des propos d’Alcmène, lui font
comprendre que l'amant n'a pas fait oublier l'époux, , mais qu'au
contraire l'amant n'a pas remplacé le mari , ni le maître des dieux
égalé un mortel.]
Jupiter, le dieu des dieux se sent terriblement malhabile avecune
mortelle, même tant convoitée. Il tente de comprendre le
pourquoi du comment, mais rien* y fait. Ce dernier cherche la
reconnaissance de ses qualités d’amant, pose des questions et
utilise divers adjectifs pour tenter de définir leur nuit commune
(cf.(,) «la plus étonnante, si tu veux?») mais tous ses efforts
seront réduits à néant; cette conversation n'étant pour Alcméne
qu'une simplediscussion entre mari et femme.
Giraudoux ridiculise cette scène en montrant que les deux
amants n’ont pas ressenti les mêmes sentiments; de «divin», en
passant par «parfait» et «charmant», la chute est grande pour
qualifier cette longue nuit. Il y a là un décrescendo fort
divertissant, car le spectateur peut imaginer aisément la surprise
et surtout le désappointement croissant de Jupiter, lafaçon dont
Alcmène justifie le choix d' «agréable», n'étant guère faite pour le
satisfaire.
[La scène repose donc sur un quiproquo, le comble de l’ironie au
théâtre, dans un registre comique. Nous allons donc voir
comment l'auteur exploite le thème comique de ce malentendu.]
[Le spectateur s'amuse de la concession d'Alcmène: «Tu n'es pas
forcé d'avoir sans cesse de l'invention», ellen'aurait évidemment
pas dit cela, si elle avait su à qui elle s'adressait. Car, si les
hommes ne sont certes pas forcés d'avoir sans cesse de
l'invention, il en va tout autrement des dieux, et particulièrement
du premier d'entre eux. Quand on s'appelle Jupiter, on ne peut pas
se permettre de ne pas avoir sans cesse de l'invention.]
[Le décalage du dialogue oblige ce dernier à changer deconversation (cf, «Quelle belle chambre!»)/oubliant qu’il devait
la connaître en tant qu’époux. Tandis que l'épouse s’exclame
«Quelle nuit agréable!» en contre pied à l'exclamation «quelle
nuit divine!» de Jupiter. L’écho d’Alcmène à Jupiter montre
combien ces deux personnages sont étrangers. Le quiproquo se
poursuit avec les paroles de Jupiter : «Quel beau paysage!» pour
attirer l’attention de sabien-aimée, tout en oubliant, encore une
fois qu’il en est le créateur.]
[La scène est représentative de l'art de Giraudoux. La situation
est superficielle et surnaturelle, une femme passe la nuit avec un
dieu qu'elle croit être son mari dont il a pris l'apparence. Mais
l'auteur l'exploite avec une habileté remarquable en en tirant les
paradoxes les plus piquants. Comment ne pas s'amuser...
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