Commentaire beckette-oh les beaux jours acte i première scène

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  • Publié le : 1 juin 2010
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Au XXème siècle, le théâtre se lance dans un tout nouveau genre appelé théâtre de l’absurde. Il se démarque par son antiréalisme et par sa grande liberté, l’auteur peut en effet utiliser son imaginaire sans se limiter et revendique le rejet des conventions classiques du théâtre comme la règle des trois unités. Samuel Beckett, grand auteur irlandais, fait partie de ce mouvement dramatique à partentière et, tout comme Brecht, il ne cherche pas à donner l'illusion de la vraie vie mais de réveiller le spectateur et le faire agir. Il crée en en 1961 la pièce Happy Days traduite en français par Oh les beaux dans laquelle il partage ses interrogation sur la question essentielle de la condition humaine. Pour cela, il met en scène deux personnages sombrant dans une profonde folie et surtout dansun état d’enfermement psychologique. Winnie, la femme est à moitié enterrée au milieu d'une « étendue d'herbe brûlée s'enflant au centre en petit mamelon ». Son mari, Willie, est muet. La scène n’est donc constituée que d'un monologue de Winnie dans lequel l’auteur traite habilement du dépérissement de l’être humain.De quelle manière Beckett se sert-il de ce monologue pour suggérer la dégradation de l’être en marche vers lenéant ?
On étudiera d’abord l’originalité de ce monologue, puis l’on montrera la misère dégradante et la solitude inhérente de l’Homme incapable d’être et d’agir. Enfin nous verrons dans cet extrait l’importance du temps.

D’emblée, Beckett nous expose le premier plan de cet extrait constituant un monologue unique en tout genre : il introduit la situation de la pièce c'est-à-dire « un beaujour » mais il montre également une dualité entre un théâtre traditionnel et moderne.
La pièce s’ouvre avec Winnie, à demi enfouie, sous un soleil ardent, dans cette charpente hostile où loge aussi son mari, le fragile et peu loquace Willie. Malgré avoir perdu l’usage de ces jambes, Winnie s’émerveille tout de même des petits plaisirs de la vie : sa toque semble lui procurer unréconfort important. Son enthousiasme est renforcé dès la première réplique « Oh il va me parler aujourd’hui, oh le beau jour encore que ça va être ! » par l’interrogation ainsi que par l’expression « oh le beau jour ». On observe également un champ lexical de la joie avec au vers 2 l’adjectif « joyeuse » dans la didascalie mais aussi « sourire » au vers 15 puis l’adjectif merveilleux au vers 15intensifié par « si ». Winnie semble donc en effet heureuse par avance de la journée qui tend à se passer.
Ce personnage possède cependant quelques similarités avec un personnage issu de la tragédie classique. Winnie semble tout d’abord confrontée à une crise d’identité, elle cherche à exister par la parole, par les « mots ». Cela semble la relier à l’univers de la tragédie dans lequel le héros faitpar de ses frustrations aux spectateurs lors d’un long monologue. Celui-ci est en effet la forme d’expression de la solitude tragique à savoir la parole solitaire. L’Homme est face à sa finitude, son destin tragique. La ponctuation expressive (« le vieux style » v.15) ainsi que l’abondance des interjections (« oh » v.2) permettant de renforcer la teneur des émotions exprimées par les personnagesdemeure du domaine tragique.

Cependant, Beckett utilise de nombreux éléments propres au nouveau théâtre. La structure et le rythme lent du monologue s’oppose à la tragédie. Il y a également l’absence de « nœud » tragique menant au dénouement qui témoigne de la modernité. De plus, les éléments visuels théâtraux permis par le décor étrange, les objets utilisés comme le sac et les nombreuses...
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