Commentaire Candide De Voltaire

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  • Publié le : 1 avril 2014
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Figure emblématique du XVIIIe siècle, Voltaire est un des grands hommes
du mouvement des Lumières. Il écrira des contes philosophiques, comme
Candide ou l’Optimisme en 1758, et Micromégas, mais aussi des traités, des
essais, des lettres ainsi que des articles de l’Encyclopédie. Le passage que
nous allons étudier est le premier chapitre de Candide ou l’Optimisme, dans
lequel le lecteur prendconnaissance des personnages et du château de
Thunder-ten-tronckh. Dans cette œuvre, Voltaire attaque l’optimisme tel qu’il
apparaît dans la doctrine de Leibniz consistant à penser que le mieux
possible se trouve dans tout ce qui est et qui arrive. Pour lui, l’optimisme ne
résiste pas à l’examen de la réalité, des faits et Candide est un pamphlet. En
quoi ce chapitre de Candide ou l’Optimismeest-t’il l’incipit d’un conte à
dimension satirique ? Si ce premier chapitre de l’oeuvre présente les
caractéristiques d’un incipit d’un conte traditionnel, nous verrons qu’elle
permet surtout de mettre en valeur le projet critique de Voltaire.
!
Tout d’abord, ce premier chapitre de Candide ou l’Optimisme débute
avec les caractéristiques d’un conte merveilleux. La locution verbale «Il yavait en Wesphalie» fait immédiatement référence à la formule traditionnelle
du conte. Il l’inscrit de cette façon dans un genre codé auquel il le rattache et
à partir duquel le lecteur pourra mesurer l’écart. Nous retrouvons dans cet
incipit une certaine forme de procédés oraux qui distinguent le conte d’autres
genres plus courts comme la nouvelle : «Monseigneur le baron était un des
pluspuissants seigneurs de la Vestphalie», «Pangloss enseignait la
métaphysico-théologo-cosmolonigologie». Ce terme constitue d’ailleurs, à la
fois une parodie de la formule utilisée par le père Castel pour résumer la
philosophie de Leibniz, et une pique contre un leibnizien contemporain, le
docteur et baron allemand Christian Wolf. Voltaire apparait également
comme un conteur : «C’est, je crois,pour cette raison qu’on le nommait
Candide.» De même, le texte est littéralement envahi par une caractérisation
positive qui passe par la multiplication d’adjectifs mélioratifs comme « beau
», « bon et honnête », « douce », «Très grande considération». On retrouve
aussi le temps de la description propre au conte, l’imparfait, avec par
exemple, « avait », « annonçait », «soupçonnaient», et laprésence de mots
archaïques comme « icelui » dans le titre du chapitre qui inscrivent le récit
dans une longue tradition. L’incipit est dominé par l’imparfait ce qui souligne
sa vocation, car il s’agit de présenter la situation initiale et tous ses éléments
avant d’évoquer l’élément perturbateur, qui amènera l’utilisation du passé
simple. Par ailleurs, si le lecteur retrouve d’emblée le langagedu conte, il
retrouve aussi tous ses éléments. En effet, les lieux sont dignes d’un conte
de fée, le récit débute dans un pays peu connu, « la Vestphalie », et surtout
se déroule dans un «château», lieu emblématique du conte où l’on trouve un
décors somptueux : «Une grande salle ornée de tapisserie». Voltaire utilise le
champ lexical de la grandeur : «grande salle», «grand aumônier», «grandeconsidération». Dans cet univers de perfection, tout est extraordinaire. La
profusion des descriptions superlatives sont encore plus explicites : «les
mœurs les plus douces», «un des plus puissants seigneurs», «ce meilleur
des mondes possibles », « le plus beau des châteaux », « la meilleure des
baronnes possibles ». Ces formes superlatives font de cet univers un monde
clos, hors du commun,coupé de la réalité. C’est ce que confirme la
périphrase finale de Pangloss qui évoque le «meilleur des mondes

possibles» comme si le château et ses habitants constituaient un monde
distinct.
Les personnages sont aussi caractéristiques du conte et font pratiquement
tous partie de la noblesse. On trouve ainsi le baron, la baronne et leurs
enfants. La présentation stéréotypée de chaque...