Commentaire candide

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  • Publié le : 7 juin 2010
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|Candide : Lecture méthodique, chapitre 1, l’incipit | |

1. Le passage
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1. Quartiers : nombre d’ascendants dont la noblesse est prouvée.
2. Piqueurs : ceux qui, à la chasse à courre, dirigent la meute à la poursuite du gibier.
3. Grand aumônier : prêtre attaché à la cour d’un prince ou d’un roi par opposition àla modeste fonction de vicaire du village.
4. Point d’effet sans cause : allusion aux Essais de Théodicée de Leibniz.
5. Chausses : bas.
2. Présentation du passage
Cet extrait est le tout début de Candide, conte philosophique rédigé par Voltaire en 1759. Ce texte d’ouverture plonge le lecteur dans un univers qui apparemment semble être proche de celui du conte traditionnel. Cependant Voltairey dévoile déjà son propos…
On tentera de démontrer que cet incipit répond bien au genre du conte philosophique ; en montrant tout d’abord qu’il fait entrer le lecteur dans un univers apparemment merveilleux, qui semble cependant bien dérisoire et ridicule, et ensuite qu’il annonce d’emblée la tonalité critique du récit.
3. Les axes de lectures
a. Le début du conte : un univers paradisiaquePrésentation du décor et des personnages
Le cadre spatial identifié : l’action se déroule en « Westphalie » - terme à consonance germanique - dans un « château ». La première phrase fait étrangement penser au début traditionnel des contes : « il était une fois… ».
Présentation des personnages : noms, statuts, fonctions et liens : évocation du héros, Candide et de ceux qui l’entourent : la famillede Thunder-ten-tronckh et Pangloss.
→ Une fonction informative.
Le temps mythique du conte
Récit : imparfait : aspect duratif. Le lecteur ne perçoit ni le début, ni la fin de ce qui est évoqué. Il ne peut situer précisément l’action ni sa durée dans le temps.
Un monde qui semble figé, stable. Un temps mythique – pas de référence au cadre temporel –, éternel.
→ Incipit qui présente unesituation qui paraît éternelle et paradisiaque.
Un univers parfait
Tout semble parfait, et toutes les voix utilisées dans le récit le montrent.
Le narrateur présente le cadre et les personnages comme idéaux : vocabulaire mélioratif + superlatifs hyperboliques.
Pangloss, par ses propos rapportés au style indirect puis au style direct souligne aussi la perfection de ce « meilleur des mondes ».
Candidelui-même utilise de nombreuses hyperboles finales.
→ Un univers paradisiaque, idyllique.
Transition : On retrouve dans cet extrait les marques d’un incipit de conte ; on relève aussi des indices qui mettent au jour la dimension ridicule et dérisoire de ce paradis ridicule.
b. Un paradis dérisoire
Des personnages ridicules et ridiculisés
La puissance du baron est justifiée mais l’explicationsemble totalement dérisoire : son « château a une porte et des fenêtres » donc il est « un des plus puissants seigneurs de la Westphalie » !
Le poids de la baronne lui attire toute la « considération » des autres : là encore cette conséquence apparaît injustifiée et ridicule.
Cunégonde, elle, est présentée comme un mets appétissant : elle ne semble être bonne qu’à être goûtée !
Le fils du baronest « digne de son père » : on peut y lire une antiphrase dans la mesure où le narrateur n’a fourni aucun indice de dignité du père.
→ Une critique sous-jacente de la noblesse. Les personnages ne doivent leur noblesse, leur pouvoir qu’à des détails insignifiants, qu’à l’apparence ou qu’à leur naissance.
Un baron bien illusoire
Le nom du baron est certes imposant par sa longueur mais tellementridicule et lourd, ce qui est renforcé par ses sonorités gutturales.
Le baron se prend pour un grand : lui qui est appelé « monseigneur », il fait passer ses vulgaires chiens pour « une meute », - ce qui est valorisant car y sont associées des connotations de richesse par la chasse à courre – idem pour ses palefreniers et son vicaire.
Ce baron suscite le sourire ou le rire car il raconte des...
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