Commentaire chateaubriand

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  • Publié le : 2 novembre 2010
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I. Le souvenir.
II. La recomposition du souvenir.
III. La recréation du souvenir.

I. Le récit de la naissance : la reconstitution d’un souvenir indirect
1. Un souvenir indirect :
Les faits sont reconstitués à partir du récit oral de témoins de sa naissance.
2. Le souci d’exactitude, de précision :
- Le cadre spatial : nom de ville, rue ; opposition entre intérieur et extérieur.
- Lecadre temporel : la saison, l’équinoxe.
- Les personnages : mère, frère, marraine nommée précisément.
- Gage de vérité : l’extrait de baptême.
3. Atmosphère lugubre et sinistre :
- Obscurité : « rue sombre ».
- Solitude : « partie déserte ».
- Mer déchaînée, tempête.
Le narrateur mêle au récit ses commentaires, il donne à sa naissance une signification
prophétique.
II. L’importance et lasignification données par le narrateur à ce souvenir
1. Un souvenir obsessionnel :
« il n’y a pas de jour où… ».
2. Un souvenir douloureux :
Champ lexical de la tristesse ; un enfant presque mort-né ; des cris étouffés par la tempête.
3. Une naissance prédestinée au malheur :
Registre épique et tragique : une tempête envoyée par Dieu (« Le ciel sembla réunir … »)
pour désigner la venue aumonde d’un être à part mais une destinée vouée au malheur.

Chateaubriand nous décrit d’abord des lieux qui sortent de leur apparente banalité. Il s’ancre d’autant mieux dans la réalité qu’il veut ensuite nous faire remarquer l’accumulation de signes extraordinaires. Si la maison qui l’a vu naître est devenue ensuite une auberge, elle est située dans un endroit solitaire et effrayant, une « ruesombre et étroite » côté ville, et dominant « une partie déserte des murs de la ville » côté mer. Elle est située « rue des Juifs », ce qui évoque (connotation) la solitude du ghetto dans lequel était maintenu ce peuple, mais aussi celle de son curieux destin de réprouvé pour avoir été déicide.
Fermée et isolée du côté de la ville, elle est ouverte sur la mer « qui s’étend à perte de vue », commeun appel vers l’infini. Silencieuse et endormie du côté de la ville, elle est agitée par la mer « se brisant sur des écueils » qui rappelle le destin tragique du marin dans le naufrage.
Ainsi, par touches successives : la solitude, l’obscurité, et le fracas des vagues, Chateaubriand nous introduit dans l’univers de la mort, monde a priori antinomique de celui de la naissance.
Cette évocationfunèbre est confirmée par l’antithèse « j’étais presque mort quand je vins au jour ». Il reçoit le prénom d’un frère « infortuné », trop tôt disparu. Ainsi Chateaubriand est un quasi miraculé.
D’autres éléments confirment ce rappel d’une naissance extraordinaire : si son parrain a été son frère - c’est un autre apport funèbre -, sa marraine est la « comtesse de Plouët, fille du maréchal de Contades». Là il s’agit de l’apport de célébrité. Chateaubriand naît un soir de tempête, dans la fureur et le bruit, quand les « mugissements » couvrent les vagissements du nouveau-né, à l’époque de l’équinoxe, période où la nuit va prendre le pas sur le jour, image de la mort qui va l’emporter sur la vie.
Ces détails extraordinaires et dramatiques ont marqué l’imagination de l’auteur au sceau de la «tristesse ». Ce sentiment est renforcé par les allitérations mélancoliques des « t », « s » et « m » dans « leur tristesse ne s’est jamais effacée de ma mémoire » d’autant plus que sa mémoire a été nourrie de leur relation fréquente par un « on » énigmatique.

Signe d’une destinée vouée au malheur
Chateaubriand voit dans cette naissance étonnante l’origine et l’explication de la personne qu’il estdevenue aujourd’hui. Il s’agit d’une mise en perspective constitutive d’une destinée.
Ces éléments entourant sa naissance ne peuvent être des souvenirs à proprement parler car le nouveau-né ne peut en avoir gardé trace dans sa mémoire. C’est d’abord le fruit constant - « Il n’y a pas de jour » - d’un travail de reconstruction par l’imagination - « rêvant », « je ne revoie en pensée » - à...
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