Commentaire combine «bulle unam sanctam», boniface viii, novembre 1302* « la querelle », anonyme, vers 1302/1303 « la supplication du peuple de france contre le pape boniface viii »,

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29 Février 2012

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HISTOIRE DES INSTITUTIONS

COMMENTAIRE COMBINE
«Bulle Unam Sanctam», Boniface VIII, Novembre 1302
« La querelle », anonyme, vers 1302/1303
« La supplication du peuple de France contre le pape Boniface VIII »,Vers 1302/1303


« Le roi est empereur en son royaume », tel est l’adage que les légistes du roi emploient aux alentours du 13ème siècle pour affirmer la suprématie de celui-ci sur toute autre puissance terrestre. Dans cette époque, en effet, le roi capétien tente à la fois de s’émanciper des Princes territoriaux qui ontaccaparé son pouvoir à l’intérieur de son propre royaume et dans un même temps d’assurer sa légitimité et son équivalence en termes de pouvoir par rapport à l’empereur germanique qui se prétend supérieur à lui. Toutefois, ces deux concurrences ne sont pas les seules que le roi doit affronter : une troisième puissance, il est vrai, conteste l’autorité du pouvoir royal français et celle-ci a laparticularité de se présenter non plus uniquement comme une puissance terrestre mais aussi et surtout comme une puissance spirituelle. Il s’agit du pouvoir de l’Eglise, représentée en la personne du Pape. Ce dernier au début du 14ème siècle, période qui nous intéresse, s’appelle Boniface VIII. Originaire d’Anagni, Boniface VIII, devenu Pape en 1294, a d’ailleurs particulièrement marqué par son désird’élever la puissance spirituelle au-dessus de la puissance temporelle : il eut notamment des démêlés avec l’empereur d’Allemagne et, ce qui nous intéresse ici, avec le roi de France. Contre ce dernier, le Pape lance même une bulle d’excommunication Super Petri Solio bien que jamais publiée et plusieurs autres bulles, notamment les fameuses Clericis laicos et Ausculta fili et, la plus caractéristiquede ce conflit, la bulle Unam Sanctam. La bulle Unam Sanctam fut lancée à l'occasion d'un concile de prélats français réunis à Rome : sa rédaction lui donne la grande valeur juridique d'une constitution apostolique. Sans introduire rien de radicalement nouveau en matière doctrinale, elle se présente comme un exposé des principes qui règlent les rapports entre le pouvoir spirituel de l'Église et lespouvoirs temporels et sa notoriété vient de son caractère général, de l'ampleur de ses considérants, et de sa conclusion solennelle. Ecrite en Novembre 1302 et premier des textes étudiés, elle visait donc particulièrement le roi de France, Philippe le Bel. Philippe IV de France, ainsi appelé Philippe le Bel, fut roi de France de 1285 à 1314 et onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.Surnommé le « roi de marbre » ou « roi de fer », il se démarque par sa personnalité rigide et sévère. Connu notamment pour sa réforme monétaire et pour sa politique centralisatrice et administratrice de l’Etat, sa querelle avec la papauté reste néanmoins l’un des principaux piliers de son règne. Le second texte s’intitule d’ailleurs Querelle : écrit entre 1302 et 1303, son auteur est anonyme.Nonobstant, même de manière informelle, il semblerait, tant par le contenu même de la lettre que par diverses sources qui l’affirment, que cette lettre ait été écrite par Philippe IV et adressée au Pape Boniface VIII. Sa valeur juridique n’est pas grande dans la mesure où elle n’a rien d’officiel ; cela dit, son intérêt n’est pas moindre non plus car elle est le reflet de la position du roi à cetteépoque dans son conflit avec le pontife. Précisément, dans ce conflit contre le pape, Il faut noter que le roi n’est pas seul : pour le défendre juridiquement, des légistes accompagnent le pouvoir royal en trouvant les arguments prouvant sa puissance pleinement autonome. Parmi eux, Pierre Dubois est un avocat de la cause royale : dans La supplication du peuple de France contre le pape Boniface...