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  • Publié le : 9 décembre 2010
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La littérature allemande du Moyen-Âge au romantisme Roland Edighoffer Professeur émérite de l'université Paris III L'Allemagne des Hohenstaufen voit l'éclosion d'une première littérature allemande, aristocratique, courtoise et chevaleresque dont les Minnesänger – trouvères germaniques – rassemblés lors de festivités de la Wartburg, furent les brillants auteurs. À fin du XIIIe siècle débute, avecMaître Eckart, puis Suso et Tauler, le temps des philosophes. Leur fulgurante métaphysique devait profondément inspirer Martin Luther. En traduisant la Bible, le Réformateur fit aussi œuvre littéraire, tant sa langue possède puissance, grandeur et qualité poétique. Gais lurons et incorrigibles sentimentaux, patriotes mais révoltés contre les contraintes de la société, les écrivains du Sturm undDrang, opposèrent au rationalisme du siècles des Lumières la dynamique du « génie » et de la sensibilité. Si le jeune Gœthe fit partie de ses écrivains les plus célèbres, son évolution personnelle, liée à l'histoire de la cour de Weimar, lui permit plus tard de repenser un « classicisme » allemand, influencé par l'Italie et la Grèce. Quant à notre conception du romantisme allemand, elle s'estlongtemps limitée à une poésie du clair de lune et à des ruines envahies par la végétation. Celui-ci dépasse néanmoins de beaucoup cet aspect, tout comme il serait réducteur de le comparer au romantisme français, littérature de confession et de pédagogie sociale.   LE MOYEN ÂGE C'est au cours du XIIIe siècle que la littérature allemande a connu son premier épanouissement. La dynastie des Hohenstaufen,dont le plus célèbre représentant fut Frédéric Barberousse, donna un éclat tout particulier à la culture médiévale. C'est la grande époque des chevaliers, des troubadours, des bâtisseurs de cathédrales qui font surgir sur les bords du Rhin et jusqu'à Ulm et Augsbourg des églises aux proportions harmonieuses. C'est aussi le moment où se dégagent les trois principaux genres littéraires qui fleurirontau Moyen Âge : l'épopée nationale, l'épopée courtoise et le lyrisme chevaleresque. Du roman de chevalerie… La plus célèbre des épopées nationales est la Chanson des Nibelungen, dont le grand nombre de manuscrits conservés atteste le succès. Le héros en est le valeureux chevalier Siegfried, fils du roi de Néerlande, tueur de dragons, libérateur de princesses captives, détenteur de fabuleuxtrésors ; mais le personnage principal, c'est Kriemhild, épouse douce et soumise que l'ignominieux assassinat de son mari Siegfried transforme en furie cruelle et vindicative. Pour réaliser son plan de vengeance, elle épouse Attila, qu'elle n'aime pas, elle invite à sa cour le meurtrier de Siegfried et le fait périr avec tous ceux des Burgondes qui ont pris sa défense, c'est-à-dire ses propres frères etbon nombre de guerriers. Après cette scène de carnage, elle reçoit le châtiment de sa démesure. Si l'on ignore les noms des auteurs du Nibelungenlied et de Gudrun, on connaît bien, par contre, ceux des poèmes courtois, car ils ont pris soin de se nommer dans leurs œuvres. Hartmann von Aue, Wolfram von Eschenbach et Gottfried von Strassburg sont les plus célèbres. Tous trois subirent fortementl'influence française ; il est même possible que le petit seigneur souabe
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Hartmann von Aue ait vécu dans le Nord de la France. Il imite Chrétien de Troyes dans Erec et Iwein, deux romans de chevalerie écrits vers 1200. Dans son Gregorius, il suit une légende française, celle du pape Grégoire (Thomas Mann en a tiré l'un de ses romans). Enfin dans la touchante histoire duPauvre Henri, un chevalier est guéri de la lèpre par l'amour d'une petite paysanne. Chrétien de Troyes a aussi inspiré le chevalier bavarois Wolfram von Eschenbach. Dans le poème touffu de Parzival apparaissent les thèmes connus de l'occasion manquée et des épreuves accompagnant la quête de la relique du Graal. Quant à Gottfried, bourgeois de Strasbourg, il a repris après Béroul, Thomas et...
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