Commentaire composé chen le livre de ma mere - o mon en fance, o mon passé ...

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  • Publié le : 8 avril 2009
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Introduction :
• Albert Cohen est né à Corfou en 1895, il émigre en France avec ses parents puis fait des études de droit à Genève, puis entame une carrière diplomatique en particulier aux Nations Unies. Il meurt à Genève en 1981.
• Ses romans les plus connus sont "Le Livre de ma mère" publié en 1954 et "Belle du Seigneur" en 1968. Dans "Le Livre de ma mère", il rend hommage à sa mère disparue: "Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s'impatientent contre leur mère, les fous si tôt punis".
• Ce livre connaît un grand succès. L'écriture est remarquable et on note la grande authenticité de cette oeuvre autobiographique, de cet hommage. C'est aussi une confession lyrique, un chant d'amour et de désespoir.
• Ici c'est un extrait du chapitre VIIIqui commence par "Pleurer sa mère, c'est pleurer son enfance". A la recherche d'un passé heureux (premier axe), Albert Cohen opère une reconstruction originale (deuxième axe). Son évocation nostalgique le conduit au constat de son impuissance et de la nécessité de mourir (troisième axe).

• Analyse :
I) La reconquête d'une enfance heureuse
1. La petite enfance liée étroitement à la mère
•La mère est omniprésente : lignes 5, 13, 17, 19 et 20 : "Maman" est toujours écrit avec une majuscule et est toujours complément de nom pour bien souligner que tout vient d'elle.
• Cohen décrit un univers affectif de douceur, de soins et de tendresse qui crée une accumulation de "petits bonheurs" (ligne 19), en abondance d'où l'utilisation systématique du pluriel.
• On remarquera aussi larécurrence de l'adjectif "petit" aux lignes 1, 2, 4, 6, 11 et 19 pour donner le sentiment d'un univers limité et donc rassurant.
2. La ré-appropriation par le possessif de la première personne
• Cohen soutient cette tentative de reconquête : "mon", "moi" : de nombreuses occurrences.
• La douceur de l'allitération en [m] ainsi produite s'ajoute aux signes de la volonté d'Albert Cohen de retenir cequi s'est enfui, pour se retrouver lui-même en retrouvant ses fondements et ses racines.
II) Une reconstruction originale
1. Structure
• La structure de ce texte, déjà, est originale.
• Il est constitué de deux très longues phrases.
• Toutes les deux s'ouvrent sur un vocatif : "Ô" qui exprime une certaine vénération, un lyrisme.
• Puis après cette ouverture suit une accumulation parénumération d'éléments juxtaposés ; énumération qui est parfois prolongée par une proposition subordonnée comme aux lignes 5 et 6, ou 12, 13, ou encore 17,18 ; ou qui est coupée par une incise "et j'arrachais la croûte toujours trop tôt" lignes 11 et 12.
2. Une mosaïque
• Apparemment il y a une discontinuité des éléments mais en réalité il y a une cohérence entre eux.
• La première phrase estl'évocation d'une intimité douillette ("chambrette", "coussin", ...).
• La deuxième phrase évoque encore des éléments douillets comme les "bougies roses" et les "ours en peluche" mais elle évoque aussi une ouverture sur l'extérieur qui n'inquiète pas parce qu'elle prend ses racines dans la sécurité intérieure et qu'elle se referme sur "Maman" en fin de passage.
• L'énumération de tous ces élémentsne se fait pas dans un ordre rigoureux pour traduire le désordre de la mémoire affective et son foisonnement. Les associations entre les mots successifs se font d'elles-mêmes, sans raison apparente, pour créer le sentiment de richesse d'une enfance miroitante.
3. Des associations par réseaux
• On trouve d'abord un réseau concernant les lieux et les éléments du décor comme "chambrette","coussins", "papillon du gaz" ou "veilleuses de porcelaine".
• C'est ensuite le tour du réseau des gourmandises avec "confitures", "tisanes", "pâtes pectorales", "sirop d'orgeat", "gelées de coing", "dindes de Noël", "bonbons", "gâteaux" etc. : ce réseau est très important, la mère d'Albert Cohen est une "maman-gateau".
• Puis il y a l'association des objets d'écolier : "les cahiers", "le sac...