Commentaire composé sur le lac de lamartine

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  • Publié le : 2 novembre 2009
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Le Lac (1820)
Alphonse de Lamartine

Né en 1790 à Mâcon (Saône-et-Loire), Alphonse de Lamartine est le fils de Pierre de Lamartine et d’Alix des Roys, famille de petite noblesse. Atteint d’une maladie chronique, il passe le mois d’octobre 1818 à Aix-les-Bains, en convalescence, où il rencontre Julie Charles, qu’il nomme Elvire dans ses poèmes, une femme mariée atteinte de la tuberculose.Les deux jeunes gens se plaisent à flâner ensemble au bord du lac du Bourget. L’été suivant, Julie, au seuil de la mort, ne peut retrouver le poète au rendez-vous prévu. Lamartine, désespéré, écrit plusieurs poèmes, pour évoquer son souvenir, dont Le Lac. Ce poème est la dixième méditation issue du recueil Les Méditations poétiques, qui connût un fort succès dès sa parution en 1820. Il évoque latragédie du temps et de la mort, qui efface le souvenir de l’homme. Mais il est aussi question du rôle de la nature, qui, bien qu’indifférente, pourra garder ce souvenir.
Nous analyserons dans une première partie le décor retenu par le poète, puis dans une seconde partie nous aborderons le thème du temps et de la mort. Enfin dans une troisième partie nous expliquerons, comment la poésieinscrit le souvenir dans la nature.

Dans ce poème, Lamartine emprunte à la Ve Promenade et à La Nouvelle Héloïse de Rousseau le décor du lac et le thème de l’eau, pour illustrer le temps qui passe. Ces trois textes font appel aux mêmes éléments naturels : le lac, l’eau, les montagnes, face auxquels le poète éprouve une sensation d’isolement et qui le confrontent à la notion d’éternité. D’une partla montagne est le symbole d’un univers dangereux et sauvage que l’homme a beaucoup de mal à maîtriser et sur lequel il n’arrive pas à imposer sa domination. Par exemple « rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! » (v.49) nous interpelle sur l’hostilité des lieux. D’autre part, de manière classique dans le romantisme, Lamartine utilise le thème du lac, propice à la réflexion métaphysique quiporte ici sur le temps qui passe. En outre, ce décor va inspirer chez lui toute une nostalgie sur son amour perdu, qui lui rappelle la solitude comme condition intrinsèque de l’homme. Le poète présente également une image paradoxale (v.9-10-11) du lac, en le décrivant comme un élément agité, reflet de son âme tourmentée.
Dès les strophes II et III, le poète exprime son malheur. Ainsi le lacest le lieu du rendez-vous manqué : « O lac, l’année à peine a fini sa carrière / Et, près des flots chéris qu’elle devait revoir » (v.5-6). Julie n’est pas revenue, elle est morte et bien qu’une année soit passée, la douleur du poète est toujours aussi présente. C’est donc sur le lieu de son bonheur passé, que le poète revient : « Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre » (v.7). Le« seul », placé à la coupe de l’hémistiche, insiste sur la douleur de cette absence. De plus, le poète passe du présent au passé simple, pour évoquer Julie : «  Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre / Où tu la vis s’asseoir ! » (v.7-8). Ce passage brutal au passé simple insiste sur le fait que cette période est révolue, séparée à jamais du présent. D’autre part, l’anaphore des « Ainsi »(v.9-10-11) met l’accent sur le fait que la nature, le lac sont intemporels, contrairement à l’homme, qui meurt, ce qui accentue ce sentiment de finitude. Cette idée est renforcée par l’utilisation de l’imparfait, qui exprime une notion de répétition. Par ailleurs, le poète emploie un article démonstratif pour qualifier la « pierre » (v.7), qui est restée la même depuis la mort de Julie. Un an apassé, rien n’a changé dans l’espace, et pourtant, toute la vie du poète a été bouleversée.
Comme Rousseau dans la Nouvelle Héloïse, Lamartine mentionne une promenade sur le lac du Bourget dans la strophe III. Dans cette strophe, le but du poète est de musicaliser le lac par des procédés poétiques, qui permettront au lecteur d’entendre les bruits de cet environnement. D’une part, les...